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"L'instant d'une collision"

Une histoire courte écrite en une heure. Précisément pendant le changement d'heure 2023.


L'instant d'une collision

Ce dont l’humanité se souviendra c’est que ça a commencé à dix heures cinquante et une minute dix-huit secondes précises. Ou alors très exactement à cinq heures quarante cinq et sept secondes. À moins que ce ne soit pile à dix-sept heures deux minutes et cinquante secondes.

En tout cas ça a commencé partout en même temps.

Jérémy déboule tout essoufflé dans le grand café face au Jardin du Luxembourg. S’il y a bien une chose qu’il déteste c’est arriver en retard. Surtout qu’il croyait avoir tout fait pour être en avance. Du regard il balaye les personnes attablées. Grâce à la photo sur son portable il reconnaît Aïcha. Wahou encore plus belle en vrai ! Un instant Jérémy reprend son souffle et se refait une contenance. Enfin il affiche son plus beau sourire et avance vers Aïcha.

Au L.H.C. de Genève rien ne va plus. La direction a rappelé tout le personnel disponible. Mais aucune expérience en vrai grandeur n’est autorisée. Trop dangereux pour l’instant. Si tant est que « pour l’instant » ait encore le moindre sens. Alors on cherche, on s’affaire, on émet des hypothèses. On gratte à la craie sur du tableau noir, au feutre à alcool sur du tableau blanc, on efface des équations d’un coup de chiffon rageur.

À l’école Chloé a tout juste le temps de se rasseoir que retentit, une fois de plus, la sonnerie de la récréation. La maîtresse en reste bouche bée. Les enfants se regardent incrédules. Un silence reste suspendu dans l’air. Et l’instant d’après ce ne sont que cris de joie et papiers qui volent : « Encore la récré, encore la récré ! » La maîtresse hésite entre contrariété et résignation… de toute manière les CM1 il n’y a pas moyen de les tenir.

Aïcha a reconnu Jérémy dès son entrée fracassante. Elle regarde l’heure sur son portable. Quoi, une demi-heure d’avance ? Mais qui donc arrive avec une demi-heure d’avance pour un date ? Elle sursaute. Comment est-ce possible, elle vient à peine d’arriver et elle était pile à l’heure. Ah, Jérémy l’a vue et s’approche en souriant. Joli sourire d’ailleurs.

À l’hippodrome c’est n’importe quoi. Première fois que ça arrive ! Une partie des chevaux a démarré la course alors que l’autre n’était même pas sorti des boxes. Il a fallu annuler, recommencer, une fois deux fois. Pas moyen de les faire partir ensemble. De toute façon la moitié des spectateurs seulement était arrivée. D’autres étaient à la buvette attendant que ça commence dans dix minutes. Euh, non, dans trois minutes. Mais pas du tout madame, dans un quart d’heure voyons, on a bien le temps.

Au LHC on re-autorise finalement les expérimentations. Parce qu’il s’agirait de comprendre quand même ! Des particules accélèrent, tournent, tournent, tournent… et se ratent complètement. Les techniciens, les ingénieurs, les chercheurs, tout le monde s’énerve. Ça enclenche, ça reboote, ça pianote, ça griffonne, mais rien n’y fait. Plus moyen de déterminer ne serait-ce que l’instant d’une collision.

Chloé a suffisamment joué. Dos à un platane elle observe maintenant l’étrange ballet de la directrice. Perchée au sommet d’une haute échelle elle bidouille la sonnerie. Sûrement pour la débrancher pense Chloé, parce qu’elle sonnait vraiment à tout instant. Dehors des parents attendent. « Vous allez voir qu’ils vont encore nous les lâcher en retard ! » « Oh ben là ça va, c’est pas avant dix bonnes minutes, on a bien le temps de papoter. Et comment va-t-elle votre petite Chloé ? »

Partout dans le monde des gens vont rater leur rendez-vous, des réveils vont sonner trop tôt. Ou pas du tout. Des poulets cuiront trop longtemps, des trains partiront en avance, des lampadaires s’allumeront en plein jour… Plus tard on saura qu’il est arrivé des choses terribles, des accidents, des avions en perdition. Les gouvernements feront des déclarations sérieuses à la télé au journal de 20h17. Euh… 20h41 vous voulez-dire ? Non, non, plutôt 17h53.

Les militaires seront sur la brèche pendant des semaines jusqu’à constater qu’il n’y a plus moyen de synchroniser la moindre opération. Les mois qui suivront, et c’est bien triste, quelques physiciens se pendront de désespoir sans que quiconque – samu, médecin, famille – ne sache s’accorder sur l’heure du décès.

Mais pour l’instant, Chloé saute dans les bras de papa à la sortie de l'école. Pour l'instant Aïcha et Jérémy se demandent s’ils commandent deux autres cafés ou s’ils ne vont pas plutôt déambuler un peu sur les allées du Jardin du Luxembourg.

La plus longue phrase de Boris Vian ?


Je n'ai pas encore vérifié tous les écrits de Boris Vian mais pour l'instant la phrase la plus longue que j'ai trouvée est dans L'Automne à Pékin. Cette phrase mesure 225 mots et 1165 caractères (avec la méthode de comptage de Microsoft Word).

Je ne résiste pas au plaisir de reproduire cette phrase ici. Boris Vian en auteur invité sur mon blog, ça claque !

"Après divers avatars, provoqués tant par la malignité des humains ou des choses que par les lois inexorables de la probabilité, ils se rencontrèrent à la porte de la salle des séances la quasi-totalité des y convoqués, qui s’introduisaient dans ce lieu après les frottements palmaires et éjaculations de parcelles de salive en usage dans la société civilisée, et que la société militarisée remplace par des ports de mains au chef et des claquements solaires accompagnés, dans de certains cas, d’interjections brèves, et hurlées de loin, ce qui fait qu’à tout prendre, on pourrait estimer que le militaire est hygiénique, opinion de laquelle on est forcé, quoique, de se défaire quand on voit les latrines d’icelui, avec une exception faite pour les militaires amerlauds lesquels chient en rang et tiennent leurs chambres à caca en état de propreté et d’odeur désinfectante constants, ainsi qu’il arrive dans certains pays où l’on soigne la propagande et où l’on a l’heur de tomber sur des inhabitants persuasibles par de tels moyens, ce qui est le cas général, à condition que la propagande ainsi soignée ne le soit pas à l’aveuglette, mais en tenant compte des désirs révélés par les offices de prospection et d’orientation, comme aussi de résultats de référenda que les gouvernements heureux ne manquent pas de prodiguer pour le bonheur encore accentué des peuplages qu’ils administrent."

Lipogramme (de coke)

Un nouveau poème Oulipien que j'ai adoré crééer.
Je vous laisse deviner la contrainte.


enamourons

or nous marmonnons encore ces noms carcans
comas monomanes nous emmurons nos cerveaux
en une caverne avec verrous avec couronnes
accourue une sonneuse ramasse nos narcoses

une cornemuse au son massacreur nous rosse
recouvre nos nuances sous une mer en masse
morceau sonore secousse sans aucune mesure
or ce murmure venu sans successeur cessera

sus aux censeurs sermonneurs on manoeuvrera
on renversera encore ces assonances crasses
sans renoncer on ensemencera on ressourcera
eaux rares vacances savanes roseaux rameaux

womans mamans semeuses romances savoureuses
nous casserons en coeur nos normes communes
un nouveau sexe commencera sans convenances
osera exaucer nos voeux aux nues amoureuses


OULIPO de lapin

Les mots qui composent ce Muki-Haïku Oulipien ont une particularité. Laquelle ?

Accent des bijoux
L'effort au fil du billot
Afflux du dehors

(indice et solution dans les commentaires)

Pistaches et Boulette

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pile_of_pistachios.jpg

(Un texte ultra-romancé mais véridique).

À 16 ans, une activité importante c’est de me faire contrôler par les keufs. Il faut dire que j’ai un look, euh... un look, comment dire… Bon j’ai un look, OK ?

Je ne comprends pas bien pourquoi les flics cherchent tout le temps à savoir qui je suis. Mais ça ne me dérange pas. Après tout j'ai 16 ans, moi aussi je cherche qui je suis. Je me trimbale avec un immense parka mi-kaki mi-Javel avec de grandes poches. Parfois ils veulent aussi savoir ce qu’il y a dans mes poches.

Des pistaches.

Dans mes poches il y a des pistaches. En tout cas ce jour-là à la gare Saint-Lazare, lors du contrôle d'identité. Des pistaches j'en ai des tas. Parce que mon grand-père fait la nuit à Rungis et m'en ramène par paquets kraft d'un kilo. Ou parfois des amandes, des cacahuètes.

Dans ma poche gauche il y a le paquet entamé. Dans la droite je mets les coquilles. Je ne jette pas par terre. Je grignote à longueur de journée. Il est midi, et donc les deux poches ont sensiblement le même volume.

Me contrôler mobilise trois flics. Un gosse de 16 ans pensez donc. Mais bon, j’ai un look, OK ? Ils souhaitent savoir qui je suis ; facile, je le leur dis. Ils souhaitent vérifier ; facile, je produis ma carte d’étudiant. Ils souhaitent savoir ce que j’ai dans mes poches.

- Des pistaches.

- C’est ça, prends-nous pour des cons.

- Et dans l’autre poche, t’as des pistaches aussi ?

- Non. Si. Enfin que les coquilles.

- Tu gardes les coquilles des pistaches ?

- Je ne jette pas par terre.

- Oh les gars, on est tombé sur un malin.

- Allez, le comique, tu nous vides tes poches direct !

Je sors le paquet de ma poche gauche. Je ne sais pas d’où viennent les pistaches de Pépé. Mais sur le kraft c’est inscrit dans un alphabet exotique. Le genre d’exotisme qui ne fait pas rêver la police.

Et là, je n’en reviens pas : un flic plonge la main dans le paquet et goûte une de mes pistaches. Direct ! Mes parents le payent avec leurs impôts et lui il me taxe une pistache. Et quand bien même ! C’est un inconscient ou quoi ? Et si c’était du Plutonium ? De la came ? De la mort aux vaches ?

Au point où j’en suis je demande s’ils veulent vérifier les coquilles. Je joins le geste à la parole et sors une pleine poignée de ma poche droite.

- Laisse tomber le comique on t’a assez vu.

- Et fais-toi faire une carte d’identité.

- Ouais, parce qu’une carte d’étudiant ça suffit pas.

- (dans ma tête) Ben là ça a suffi non ?

Mais je n’ai pas envie de discuter.

Une boulette

Le soir tombe. Toutes mes pistaches sont boulottées. Dont une par un flic. Ma poche de droite est au max de son volume. Avant de rentrer à la maison j’avise une poubelle. J’enlève mon parkanarchiste et je secoue. Toutes les coquilles coulent dans la poubelle. Suivie d’une petite sphère en papier aluminium.

Oh putain la boulette !!!

La boulette de shit que ce mec sympa m’avait donné, fontaine Saint-Michel, il y a bien un mois :

- Essaye mon pote c’est super cool.

- Mais j’ai pas d’argent là. Tu veux des amandes ?

- Nan, prends cette boulette c’est cadeau, j’en ai autant que je veux.

Je n’avais pas essayé. À 16 ans, je travaillais à une tout autre addiction (les filles).

Et cette boulette, dont j’avais oublié jusqu'à l’existence, vivait depuis tout ce temps dans le fond de ma poche droite. En fait il avait raison le flic : une carte d’étudiant n’aurait pas suffi.

Un instant j’envisage une belle carrière de mule de gare. 500 g de shit dans chaque poche. Sous une fine couche de pistaches. Le plan parfait, que je ne trouverai jamais le temps de réaliser (les filles je vous dis).

Epilogue

Des décennies après, avec mon expérience de la vie, avec tout mon pouvoir de mémoire photographique, sémantique, sonore, émotionnelle, il me manque un détail clé de cette scène. Ce détail me taraude, me hante, me réveille transi dans l’effroi.

Sa coquille de pistache, le flic, il en a fait quoi ?

 

-- Metallurgeek

Aspirateur intelligent

 

(citadin d'tes morts)

Ça devient franchement trop intelligent ces trucs là.

Hier le mien a demandé à être payé en chèque emploi-service. J'étais un peu désarçonné et sur le coup je l'ai mal pris. Sans déc, au black ça fait moins de démarches !

Depuis il ne me dit plus un mot, ni bonjour ni m*rde. Il se contente de fredonner le thème de terminator.

Je me sens un peu nul. Sans aller jusqu'à m'excuser j'aimerais au moins rétablir un minimum de dialogue...

Sénèque un au revoir (mes frères)




(*) Yep, le jeu de mot du titre je ne suis carrément pas le premier à le faire(**).
(**) Un scoop : je ne suis pas le dernier non plus (j'ai vérifié dans la blockchain).

(repost) Réenchanter la recherche d’image

La recherche d’image est d’une efficacité décourageante : on met des mots clés, on cleek, et paf ! On tombe pile sur plein d’images hyper pertinentes. C’est d’un chiant ! Y’aurai pas des trucs cachés un peu, des comportements inattendus, du mystère quoi, voire de la poésie ? Histoire de sortir ne serait-ce qu’une minute de l’efficacité ambiante…


Version courte


Que croyez-vous qu’on trouve sur google ou bing quand on recherche des images correspondant aux mots « résonner » et « vertèbres » ? Essayez donc en cliquant ici et  Surprenant non ? Bien, je vois que j’ai d’ores et déjà capté l’attention de certains lecteurs ;)

Et avec les mots « fusil » et « flamboyaient »  qu’obtient-ton ? Cliquez ici et . Et encore avec les mots « respires » et « enflammée » parce qu'aujourd’hui(*) c’est la Saint Valentin.

Mézalors keskispass ? Erreur d’indexation des moteurs de recherche ? Mmmm… bizarre quand même que google, bing et les autres fassent la même erreur… En fait il existe une explication, à la fois rationnelle et poéteek. Mais pour ça vous allez devoir vous cogner la version longue et chiante de ce billet. 


Version longue et chiante


Reprenons les exemples : résonner vertèbres ramène tout pleins d’images de zèbres, fusils flamboyaient ramène des loups, respires enflammée ramène des roses. Et Metallurgeek ramène sa fraise, mais ça on commence à s’habituer(**).

Le schéma est donc toujours le même : deux mots sans rapport apparent qui ramènent des images sur un sujet inattendu. Allez, je vous expleek comment j’ai fait. Sur un exemple d’abord, puis en généralisant après.

D'abord je choisis un poème évoquant très fortement un sujet précis. Par exemple « le zèbre » de Robert Desnos. C’est mieux si le poème est souvent cité par des internautes et surtout souvent illustré, en l’occurrence par des images de zèbres.

À l’intérieur de ce poème, je choisis deux mots ayant les propriétés suivantes (accrochez-vous, c’est là qu’il faut faire gaffe) :

  1. Les deux mots n’ont aucun rapport évident avec le sujet du poème. Par exemple le mot « résonner » comme ça à sec, ça ne m’évoque pas directement le zèbre. « Raisonner » peut-être, mais « résonner » non.
  2. Les deux mots sont rarement utilisés simultanément. En l’occurrence on n’utilise pas souvent « résonner » et « vertèbres » dans la même phrase. Sauf peut-être une phrase sur le judo, du style « il m’a placé un eri-seoi-nage de ouf, ça m’a fait résonner les vertèbres ». Ou peut-être sur la museek « le violoncelle me fait résonner les vertèbres jusqu’au fond de l’âme. » Mais bon, c’est pas fréquent. Tiens, du coup je vous mets un petit morceau de violoncelle.

Au final, nous avons donc les mots « résonner » et « vertèbres » sans rapport apparent, rarement associés sauf dans un texte précis souvent illustré par des images de zèbre. CQFD.

Pour ceux qui, comme moi, aiment bien visualiser les raisonnements de manière grapheek, voici un croquis. Au début je voulais le faire avec des pastels gras piqués à ma fille mais décidément je suis une quiche : y en a partout, sur le jean, sous les ongles, même dans l’imprimante quand j’ai voulu scanner. Et puis ça bave dégueu. Une quiche je vous dis. Du coup je l’ai refait au stylo bille.


Généralisons


À priori, ça se généralise. En prateek il est quand même assez difficile de créer des bons exemples. D’abord il faut repérer des textes bien connus afin qu’ils soient cités sur un maximum de pages. Ensuite il faut que ces textes évoquent fortement un sujet « illustrable » : genre animaux et objets. Pour ça les poèmes fonctionnent bien, avec leur puissance d’évocation absolument inégalable. Pour les roses j'ai utilisé le poème "les roses de Saadi" de Marceline Desbordes-Valmore. Pour les loup, vous allez pas le croire mais j'ai utilisé le poème la mort du loup, d'Alfred de Vigny. Truc de dingue : le mec il écrit ça en 1843 et ça sert encore aujourd'hui !

J’ai également essayé avec quelque chose de plus abstrait comme le fragment de discours « I have a dream. » Alors là ça coince parce que, certes c’est très cité, mais le texte est souvent illustré par lui-même. Ou par une photo de Martin Luther King, ce qui révèle tout de suite le truc. En anglais c’est compliqué aussi. Déjà parce que je maîtrise moins les nuances. Et aussi, parce que la poésie anglaise... euh… comment dire… j’ai pas été initié.

Epilogue : à quoi ça sert ?


Ben a rien du tout c'te blague. Comme la poésie. Vite vite, retournons à notre monde d'efficacité rationnelle et tarifée. Des fois qu'on se mette à penser hors des sentier battus...



(*) Ouah, deux apostrophes dans le même mot !
(**) Ou pas.

Quelques conseils de style, la suite

Ayé, je me suis fendu de la suite des conseils de style. Je laisse maturer deux trois jours sur le blog avant de partager sur FB. Je vous mets la version image et la version texte dans le même billet. La flemme de faire deux billets quoi.






Quelques  conseils  de  style,  la  suite  (26 à 50)

26 Mettez  un  peu  de  temps  avant  de…
27 Être  à  même  d’avoir  d’autres  verbes  que  "être"  et  "avoir."
28 Tout  ce  qui  est  idiomatique  ça  passe  à  la  trappe.
29 Amour,  orgue  et  délice  prennent  un  s  au  pluriel.
30 L’allitération  c’est  la  consonne,  la  sonnette  c’est  là  qu’on  sonne.  
31 L’assonance  c’est  la  voyelle,  l’épicène  c’est  la  voie  iel.
32 Une  règle  sans  exception  est  une  règle  idiote.  Sans  exception.
33 Rien  ne  remplacera  jamais  le  papier  et  le  stylo.
34 Gare  aux  mises  en  garde.
35 Et s’il n’en reste qu’un (qui ne cite pas Hugo) je serai celui-là !
36 Évitez  l’acrostiche.
37 Kesta  te  pa  sms  oukoa ?
38 Césurez  l’Alexandrin,  À  l’hémistiche.
39 Oxymore  is  less.
XX La  censure  ne  doit  pas  xxxxxxxx  (sauf  si  xxxxxxxx).
41 Insérez  soigneusement  une  image.    <<`image.jpg' not found>>
42 Ne  donnez  aucune  réponse  à  "La  Vie,  l’Univers  et  le  Reste."
43 Jurez  de  ne  rien  promettre
45 Une  contrepèterie  peut  vous  guetter  au  coin  de  l’Apple.
44 Recomptez  scrupuleusement  vos  énumérations.
46 Déniez  tout  espace  au  lectorat, même  les  points  47  à  49.
47 Arrêtez  de  faire  des  listes, bordel  !  (É. Le Braz)
48 Évitez le doublement des lettres pour signifier un criiii ! (V. Sallard)
49 Et  surtout,  pas  de  prétéritions.  (A.  Mimoun)
50 …terminer  le  point  26.

(repost) Chamallows : on nous arnaque !

Il faut se rendre à l’évidence : les gens font n’importe quoi avec des chamallows. Par exemple, ils les mangent bêtement en piochant au hasard dans le paquet. Ou ils les font griller sur un feu de camp le soir en jouant du joint et en fumant des guitares. N’importe quoi.

Ce matin en ouvrant un paquet de chamallow, j’ai fait la seule chose raisonnable qu’on puisse faire avec des chamallows : les trier. Les roses d’un côté, les blancs de l’autre.

Comment trier efficacement des chamallows?


Trier, mais pas genre n’importe comment, non. J’ai essayé plusieurs méthodes pour trouver la plus rapide. Au départ, j’ai pensé qu’il suffisait de les étaler sur la table et de piocher rapidement selon la couleur pour mettre les roses dans un bol et les blancs dans l’autre. En faisant ça avec les deux mains ça va assez vite. Mais si vous y réfléchissez, ça fait énormément bouger les mains qui perdent alors du temps en allers-retours entre la table et les bols.

Faisons donc l’inverse : étalons les chamallows sur la table, pas trop loin les uns des autres. Puis, en bougeant très peu les mains, emmenons les blancs dans un coin et les roses dans l’autre. Chaque main peut prendre des blancs dans un sens et des roses au retour. Les mains bougent très peu, on a l’impression que rien ne se passe. Mais très rapidement on se retrouve avec deux tas. Y a plus qu’à les mettre dans les bols.

C’est là qu’intervient la faille dans la méthode : plutôt que prendre les chamallows avec les mains et les déposer dans les bols, ce qui aurait fait plusieurs voyages, j’ai cru malin de mettre le bol sous le bord de table et de rabattre les chamallows dans le bol avec mon avant-bras.

Résultat, une grosse moitié des chamallows blancs par terre. Le bol s’en est sorti de justesse. Allez, passons sur cette légère erreur de visée… Quand on déconne pas à la fin, ça reste pour l’instant la méthode de tri la plus rapide que j’ai trouvée.

Mais il y a pire


Et c’est là que je veux en venir : ON NOUS ARNAQUE !!! en effet, le paquet contenait 35 chamallows blancs et SEULEMENT 24 chamallows roses. Alors que tout le monde sait que ce sont les roses les meilleurs. Et de loin. Je vais acheter quelques autres paquets pour vérifier ce qui pourrait bien être l’arnaque du siècle, loin devant Madoff et Kerviel. Je vous tiens au courant bien sûr. Et si ça se confirme j’essaye avec les dragibus et les crocodiles aux yeux jaunes.

Résultat des courses, je me retrouve avec des chamallows tout chelous à force d’avoir été manipulés,  une partie est tombée par terre(*) et j’ai constaté qu’on nous arnaquait.


Et le positif dans tout ça ?


Le positif ? C'est simple : pendant près d’une demi-heure j’ai pensé à rien d’autre qu’à manipuler des chamallows(**). On est au-delà de la méditation zen, les bouddhistes peuvent aller remettre leurs tong. On est même au-delà de la méditation chamanique. Là c’est méditation CHAMALLOWOÏQUE !!!


(*) M’en fout, c’est des blancs, sont pas bons les blancs.
(**) Pour ceux qui se demandent combien il y a de M à chamallow, ça dépend. Les blancs n’ont qu’un M. Les roses ont deux M, parfois trois. Parce qu’on les M plus.


Dimorphisme sexuel et synonymes

J’aime  assez  le  dictionnaire  des  synonymes  intégré  à  Word.  Tu  sélectionnes  un  mot,  tu  claques  SHIFT-F7  et  bim  tout  plein  de  synonymes  apparaissent  dans  une  colonne  à  droite.  Je  trouve  ça   très  prateek  aussi  bien  en  français  qu’en  anglais  pour  enrichir  le  vocabulaire,  pour  trouver  le  mot  juste,  etc.(*)

En  revanche,  petit  couac  aujourd’hui.  Je  cherchais  un  synonyme  du  mot  matriarche.  Eh  ben…  euh…  rien  du  tout.(**)  Eh  oui,  dans  le  dictionnaire  des  synonymes  de  Word,  le  mot  matriarche  n’a  aucun  synonyme.  Ni  aucun  antonyme  d’ailleurs.

Par  curiosité  intellectuelle  plus  que  par  malice  j’ai  cherché  combien  le  mot  patriarche  avait  de  synonymes.  Un  paquet !  Tiens,  comptes  direct  sur  l’image  si  tu  me  crois  pas.  Ça  fait  une  grosse  vingtaine  non  ?

Alors,  en  tant  que  gros-mascu-de-base™  je  ne  suis  pas  spécialement  un  acharné  du  langage  inclusif.  Même  si  ce  sujet  m’intéresse.  Mais  là  quand  même,  zéro  synonymes  quand  le  mot  est  féminin  et  une  vingtaine  quand  le  mot  est  masculin,  en  matière  de  dimorphisme  sexuel  c'est  du  brutal !

Par  curiosité  encore  j’ai  indiqué  synonyme de matriarche  dans  un  moteur  de  recherche.  Devine  ce  qui  sort  en  bonne  place  ?  Allez  un  effort  quoi…  OK  je  te  le  donne.

Matriarche  :  épouse  du  patriarche.

Eh  les  filles,  quelque  chose  me  dit  que  la  route  est  encore  longue,  cœur  avec  les  doigts.



(*)  Le  seul  cas  où  je  n’utilise  pas  le  dictionnaire  des  synonymes  intégré  c’est  pour  rédiger  les  articles  de  Metallurgeek.  Parce  que  dans  ce  cas  je  trouve  direct  le  mot  juste.  Toujours.

(**)  Zéro,  nada,  que-tchi,  wallou,  nib,  zobi,  peau-de-balle,  des  clous,  d’la  couille,  tintin,  ceinture,  chou-blanc.


Intellocutter

INTELLOCUTTER (n. m.)  /ɛ̃.tɛ.lɔ.kœ.tœʁ/  Partenaire de conversation à l’intelligence tranchante.

1984 1984 1984 1984

La nuit dernière au lieu de hacker des trucs, je cherchais la version texte du roman 1984(*).


Chercher 1984

Pas trivial à dénicher mais pas trop compliqué non plus. Ma méthode préférée c'est 1) Je choisis un extrait caractéristeek et plutôt vers la fin du texte, 2) Je soumets cet extrait entre guillemets à un moteur de recherche, 3) Je vois ce qui remonte je sauvegarde tout ça. Et là je commence à réfléchir un peu.


4 fois 1984

L'extrait que j'ai choisi c'est but still noticing the astonishing difference in demeanour. Ce qui remonte, ce sont (notamment) quatre versions texte. Dont celle du projet Gutenberg Australien et celle de Archive.org, mais en fait peu importe la provenance. Ce qui importe c'est que j'ai sous la main quatre versions texte du même roman. Saisi d'un féroce accès d'originalité j'ai nommé les quatre fichiers 1984-1.txt 1984-2.txt 1984-3.txt et 1984-4.txt.

En toute naïveté, on aurait envie que les quatre fichiers soient parfaitement identeeks. Et si les fichiers ne sont pas identeeks, c'est par exemple qu'un des fichiers contient une coquille. Ou une erreur de numérisation ou d'impression ou de retranscription. Bref, si c'est différent ça découvre un petit bug, un truc potentiellement intéressant (**).


Comparaison n'est pas...

En fait, l'idée naïve que les fichiers doivent être identeeks, est quasiment la bonne. il faut juste effectuer quelques ajustements préalables. En gros, pour comparer les versions, il va falloir "normaliser" le texte. En effet, chacune des versions saute des lignes à sa manière, césure les mots ou pas, laisse les numéros de pages ou pas, inclue les annexes ou pas, etc.

Pour l'instant j'ai normalisé deux textes seulement. Ceux qui s'y prêtaient le mieux. Et la comparaison ne fait apparaitre qu'une seule différence. Dans l'une des versions, le mot his est doublé dans she was in his his arms. Intéressant non ? (**).

Je me demande bien ce qui a pu faire que le his est doublé dans cette version précise. Et je trouve génial que l'uneek différence tombe pile sur cette phrase là. Parce qu'elle est très belle cette phrase là. Tiens je te mets une copie d'écran sinon tu ne me croiras jamais. Et je reviens je-sais-pas-quand, au moment où j'aurai réussi à normaliser les deux autres versions.

Tu la vois la différence ?





(*) Une petite farce désopilante de George Orwell, je cherchais ça pour alimenter un prochain billet sur Metallurgeek.

(**) Alors oui, à ce stade je me dis que vous si êtes assez tordus pour avoir lu jusqu'ici, alors la découverte d'une minuscule différence entre des versions d'un même texte vous semblera intéressante. Et après on dit que c'est moi qui suis taré, pffff...

MIP*=RE !!!!



La théorie ça avance lentement, mais askip quand ça avance c'est juste violent ! Le résultat MIP*=RE vient de tomber. Je ne pensais pas voir ça de mon vivant. La dernière fois que j'ai pris des pieds(*) pareil c'était pour PRIMES is in P et au London Science Museum.


Le papier est là : https://arxiv.org/abs/2001.04383. Par contre, si quelqu'un se sent de me faire un petit résumé en deux deux je veux bien. Parce que là j'en suis à qu'à la page 4 sur 160 et déjà ça picote.





(*) Scientifiquement parlant.

L'énigme dans l'énigme

Allez, une petite énigme ; plus facile qu'il n'y paraît.
Vous emmerdez pas à me donner la réponse, je la connais.