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Il faut sortir du cadre (repost)

Ah, la jolie vérité qu’on nous assène régulièrement : Il faut sortir du cadre. Avec le "Il faut" comme une impérieuse nécessité.

  On s’attendrait presque au "sinon" à la fin. Sinon quoi ? Sinon pas de solution, sinon pas d’innovation, sinon pas de créativité… Et d’entendre ça partout : il faut sortir du cadre ; en brainstorm, aux ressources humaines et même pendant les formations destinées aux... cadres.


L’évidence


Penchons-nous sur cette belle évidence et sur ce qu’elle cache (ou pas). Sortir du cadre. Le "cadre", pour commencer, n’a pas l’air très bien défini. C’est juste quelque chose dont il faut sortir. À la réflexion "sortir" n’est pas clair non plus : que fait on une fois sorti ? On reste dehors ? Ou alors on redevient quelqu’un de bien rangé, le genre qui cadre avec ce qu’on attend de lui.

  Bon, le sens général le plus plausible c'est surement quelque chose comme : "il faut se libérer des contraintes implicites nous empêchant de réfléchir autrement". Allez, admettons.

L’exemple canoneek


  Pour bien nous expliquer ça, on nous sert toujours le même exemple. Quand je dis toujours c’est toujours. Personnellement, j’y ai déjà eu droit trois fois pendant des formations (dans l'ordre : pédagogie, créativité, management). L'exemple donc c'est cette énigme consistant à relier neufs points avec quatre traits seulement et sans lever le crayon. Si vous ne connaissez pas, prenez le temps de chercher un peu : ça fait plaisir quand on trouve :)


  Deux aspects me gênent avec cet exemple. D’abord, je l’ai déjà indiqué, il est utilisé à l’exclusion de tout autre. Pour vous en convaincre observez donc ce que donne cette requête sur Google image. Un seul exemple c'est trop peu. Ne dit-on pas qu'il faut deux exemples pour généraliser ?

  Le second aspect me gêne d’avantage : c’est toujours la même solution qui est proposée. 
Il s'agit, justement, de la solution où les traits doivent déborder du carré implicitement défini par les neufs points. Certes ça augmente la valeur pédagogeek de l’exemple mais c’est aussi profondément angoissant : il n’y aurait qu’une seule manière de sortir du cadre, et ce serait toujours la même… Mais alors, tout ça déboucherai juste sur un autre cadre ? Et très étroit à ce qu’il semble. Angoissant.


Vite vite, d’autres solutions


Je me suis mis à chercher d’autres solutions au problème des neufs points, ou à prouver leur inexistence. Disons-le tout de suite, à part les quatre variations sur la direction du trait initial, je n’ai pas trouvé d’autres solutions strictement géométreeks. Je n’ai pas non plus la preuve formelle de la non-existence d’autres solutions purement géométreeks, malgré quelques tentatives...

  Par contre, en jouant légèrement sur l’interprétation de l’énoncé, on trouve quelques idées sans trop trivialiser le problème. Par exemple, si les points sont en fait de petits disques de diamètre non nul, alors il existe une solution en trois traits. En fait, en considérant que des parallèles se coupent à l’infini, la solution à trois traits existe même pour des points sans dimension. Aller jusqu’à l’infini pour trouver une solution, là ça commence vraiment à sortir du cadre. 

  Dans le même esprit, on peut mettre la feuille en cylindre et faire un seul trait incliné selon l’épaisseur des points. Là je ne fais pas de figure, mais essayez sur le carton du PQ, ça marche nickel. Une autre approche joue sur l’épaisseur du trait : si le trait est suffisamment épais, genre un bon gros coup de rouleau à peinture, alors un seul trait suffit pour recouvrir d’un coup les neufs points. J’aime beaucoup le côté bourrin de cette solution :)

  On peut aussi imaginer des solutions avec pliage du papier : on plie soigneusement en accordéon de manière à ce que chaque rangée de trois points se retrouve sur une pliure. On fait coïncider les trois pliures les unes au-dessus des autres. Là on met un coup de feutre sur la tranche, un seul, et on déplie.

  Enfin je ne résiste pas à la solution Shadock ci-contre  (ou Dali ou Kandinsky), qui trivialise le problème – certes – mais est scandaleusement conforme à l’énoncé. Pour réparer l’énoncé il faudrait déjà dire « quatre segments » au lieu de « quatre traits ».

D’autres exemples


En cherchant un peu, il y a plein d’autres exemples pour illustrer "sortir du cadre". Pour chacun d’eux, je trouve intéressant de voir s’il y a plus d’une solution… Pas toujours facile. Je donnerais quelques solutions dans un prochain post (ou pas).

  L'énigme des parts de gâteau : comment couper un gâteau en huit parts avec seulement trois coup de couteau (bien droits) ? Pour l’instant, je connais trois solutions que je détaille dans un autre article.

  La pelle à tarte : illustrée juste à gauche. Il faut sortir la miette de la pelle en déplacement seulement deux segments. Je ne connais qu’une solution. Mais je ne suis pas très fort en pelle à tarte.

Les triangles : faire exactement quatre triangles avec six allumettes. Je ne connais qu'une solution :(

  Les triangles (bis) : faire plus que quatre triangles avec six allumettes. Je connais plus d’une solution, mais je ne les dis pas ici parce qu'il parait qu'un article trop long c'est chiant.

    Ben alors?


    Ben alors, n’est pas hors du cadre qui croit. La prochaine fois qu’on vous assène l’exemple des neufs point, c'est-à-dire lors de votre prochaine formation, posez la question l’air de rien : « c’est la seule solution ? ». Ça mettra peut-être un peu de réflexion dans le cerveau d’en face. Ou pas. Par contre, n’essayez pas d’expliquer à votre formateur la solution en trois traits séquents à l’infini : ça va l’envoyer dans le mur. Évitez aussi de lui parler du carton du PQ…

    Finalement, il faut sortir du cadre ou pas alors ?


    Je ne peux pas encadrer les phrases qui commencent par il faut. Surtout en formation. Le cadre, on en sort si on veut, quand on veut, comme on veut et parce qu'on veut. Et surtout pas parce qu'il faut.

    (update Mai 2014) Même un cadre à vélo j'ai du mal a rester dessus...

      Oh, une dernière chose : je vous ai fait un petit fond d'écran avec les figures.

    Monsieur Kern (repost)

      Il me parlait chaque matin,  quelques minutes,  à la sortie du Métro Austerlitz.  Je me souviens ses vieilles paluches serrées sur le godet de café,  qu’il – je cite – allait se jeter derrière la cravate.  Je ne crois pas qu’il ait jamais porté de cravate.

      Après les politesses d’usage – Salut le p’tit étudiant,  fait meilleur aujourd’hui hein ? – son histoire commençait,  recommençait,  inlassablement.  Toujours le même début jamais la même suite : Tu vois mon père il me cognait dessus tout le temps.  Quand il picolait,  quand il picolait pas.  Alors moi un matin,  j’avais 14 ans,  j’ai mis des trucs dans un sac-à-dos et je suis parti sur la route. Et j’y suis encore !

      C’était ça son début,  invariable.  La suite se créait chaque jour en fonction de son humeur,  de ceux qu’il – soi-disant – rencontrait sur sa route,  de ce qu’il avait lu dans les journaux de la veille… Il n’y avait jamais de fin,  il se perdait complètement dans les détails et moi je devais y aller parce que bon,  c’est pas tout hein,  mais faut y aller quand même…

      Je ne l’interrompais pas souvent,  je ne lui faisais jamais remarquer les contradictions,  les anachronismes manifestes. Je l’écoutais.  Parfois il revenait au présent : Eh le p’tit étudiant,  garde tes thunes et va plutôt me chercher un café aux quais,  que je me le jette derrière la cravate.  Pas chez machin-truc c’est des cons.  Tu vas chez l’arabe et tu dis que c’est pour Monsieur Kern.  Quand c’est Mohamed il me fait pas payer.

      Une fois Monsieur Kern m’a montré une souris qu’il avait assommée là où il vivait,  une espèce d’hôtel chelou que son assistante sociale avait fini par lui dégotter.  J’l’ai bien choppée cette salope ! La souris hein,  pas l'assistante.

      Puis il revenait à son histoire : J’ai 59 ans et je suis toujours sur la route,  j’ai changé mon sac à dos des dizaines de fois,  mais moi j’ai jamais changé.  Regarde,  ce sac-là il est bien,  je l’ai chouré au vieux campeur.  C’est des cons là-bas tu sortirais un semi-remorque sans payer qu’ils le verraient même pas.  Moi je crois qu’ils avaient très bien vu mais qu’ils avaient laissé faire.  Personne n’avait le cœur d’emmerder monsieur Kern.

      Et puis un matin,  pas d’histoire,  pas de café.  Il disait qu’il était allé aux toilettes,  qu’il avait – je cite – poussé trop fort et qu’il avait senti quelque chose craquer « par-là » en montrant son abdomen.  On allait lui faire des examens.  Pendant plusieurs jours comme ça : on va me faire des examens.

      Et un matin,  pas de Monsieur Kern.  Mohamed m’a dit qu’il était mort cette nuit.  Et il m’a griffonné le numéro de son assistante sociale sur une serviette en papier.  Vague tristesse dans son regard et un geste du genre c’est comme ça.  Il me tend un café et refuse ma monnaie : le café c’est pour moi aujourd’hui.  Je le regarde avec un sourire : Ben je vais me le jeter derrière la cravate alors.  Je me souviens qu’on a ri.

      À la crémation de Monsieur Kern nous étions deux : l’assistante sociale et moi.  Mohamed travaillait.  L’assistante a dit que d’habitude elle était toute seule.  Pendant tout le temps qu’il crémationnait je me demandais ce qu’était devenu son sac-à-dos et tout le fatras qu’il trimbalait là-dedans.  Une vie de route.  L’assistante n’en avait pas la moindre idée : vous savez,  monsieur Kern il racontait quand même beaucoup d’histoires.

      Oui,  je savais.


    -- Metallurgeek

    Pistaches et Boulette (repost)

     https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pile_of_pistachios.jpg

    (Un texte ultra-romancé mais véridique).

    À 16 ans, une activité importante c’est de me faire contrôler par les keufs. Il faut dire que j’ai un look, euh... un look, comment dire… Bon, j’ai un look, OK ?

    Je ne comprends pas bien pourquoi les flics cherchent tout le temps à savoir qui je suis. Mais ça ne me dérange pas. Après tout j'ai 16 ans, moi aussi je cherche qui je suis. Je me trimbale avec un immense parka mi-kaki mi-Javel avec de grandes poches. Parfois ils veulent aussi savoir ce qu’il y a dans mes poches.


    Des pistaches.

    Dans mes poches il y a des pistaches. En tout cas ce jour-là à la gare Saint-Lazare, lors du contrôle d'identité. Des pistaches j'en ai des tas. Parce que mon grand-père fait la nuit à Rungis et m'en ramène par paquets kraft d'un kilo. Ou parfois des amandes, des cacahuètes.

    Dans ma poche gauche il y a le paquet entamé. Dans la droite je mets les coquilles. Je ne jette pas par terre. Je grignote à longueur de journée. Il est midi, et donc les deux poches ont sensiblement le même volume.

    Me contrôler mobilise trois flics. Un gosse de 16 ans pensez donc. Mais bon, j’ai un look, OK ? Ils souhaitent savoir qui je suis ; facile, je le leur dis. Ils souhaitent vérifier ; facile, je produis ma carte d’étudiant. Ils souhaitent savoir ce que j’ai dans mes poches.

    - Des pistaches.

    - C’est ça, prends-nous pour des cons.

    - Et dans l’autre poche, t’as des pistaches aussi ?

    - Non. Si. Enfin que les coquilles.

    - Tu gardes les coquilles des pistaches ?

    - Je ne jette pas par terre.

    - Oh les gars, on est tombé sur un malin.

    - Allez, le comique, tu nous vides tes poches direct !

    Je sors le paquet de ma poche gauche. Je ne sais pas d’où viennent les pistaches de Pépé. Mais sur le kraft c’est inscrit dans un alphabet exotique. Le genre d’exotisme qui ne fait pas rêver la police.

    Et là, je n’en reviens pas : un flic plonge la main dans le paquet et goûte une de mes pistaches. Direct ! Mes parents le payent avec leurs impôts et lui il me taxe une pistache. Et quand bien même ! C’est un inconscient ou quoi ? Et si c’était du Plutonium ? De la came ? De la mort aux vaches ?

    Au point où j’en suis je demande s’ils veulent vérifier les coquilles. Je joins le geste à la parole et sors une pleine poignée de ma poche droite.

    - Laisse tomber le comique on t’a assez vu.

    - Et fais-toi faire une carte d’identité.

    - Ouais, parce qu’une carte d’étudiant ça suffit pas.

    - (dans ma tête) Ben là ça a suffi non ?

    Mais je n’ai pas envie de discuter.


    Une boulette

    Le soir tombe. Toutes mes pistaches sont boulottées. Dont une par un flic. Ma poche de droite est au max de son volume. Avant de rentrer à la maison j’avise une poubelle. J’enlève mon parkanarchiste et je secoue. Toutes les coquilles coulent dans la poubelle. Suivie d’une petite sphère en papier aluminium.

    Oh putain la boulette !!!

    La boulette de shit que ce mec sympa m’avait donné, fontaine Saint-Michel, il y a bien un mois :

    - Essaye mon pote c’est super cool.

    - Mais j’ai pas d’argent là. Tu veux des amandes ?

    - Nan, prends cette boulette c’est cadeau, j’en ai autant que je veux.

    Je n’avais pas essayé. À 16 ans, je travaillais à une tout autre addiction (les filles).

    Et cette boulette, dont j’avais oublié jusqu'à l’existence, vivait depuis tout ce temps dans le fond de ma poche droite. En fait il avait raison le flic : une carte d’étudiant n’aurait pas suffi.

    Un instant j’envisage une belle carrière de mule de gare. 500 g de shit dans chaque poche. Sous une fine couche de pistaches. Le plan parfait, que je ne trouverai jamais le temps de réaliser (les filles je vous dis).


    Epilogue

    Des décennies après, avec mon expérience de la vie, avec tout mon pouvoir de mémoire photographique, sémantique, sonore, émotionnelle, il me manque un détail clé de cette scène. Ce détail me taraude, me hante, me réveille transi dans l’effroi.

    Sa coquille de pistache, le flic, il en a fait quoi ?

     

    -- Metallurgeek

    Alohomora Sésame Mellon

      

    Aux fins-fonds du cyberespace
    Les mots-clé font, ça m'agace
    De fort mauvais mots de passe


    Right through the cracks

    Hangar désaffecté à Redon.

    "What if you could look right through the cracks?

    Would you find yourself, find yourself afraid to see?"

    -- Nine Inch Nails, Right Where It Belongs.


     

    Metal Zentangling 11

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.






    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 10

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.





    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 8

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.






    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 7

     À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.





    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 6

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.




    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 5

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.



    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 4

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.





    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 3

     À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.


    Zentangling 3 - Metallurgeek


    Kaneda - Smash Hit Combo


     

    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling 2

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.


    Zentangling 2 - Metallurgeek

    Crushed - Parkway Drive
     

    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Metal Zentangling

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.


    Zentangling 1 - Metallurgeek


    Worms - Punish Yourself


    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    Vous êtes bien aimable

    Je poste ce billet le 16 mars 2024. Il y a précisément quatre ans débutait en France le premier confinement sanitaire. Voici un texte de moins de 500 mots que j'avais écrit pour l'occasion.



    GENDARME      Bonjour, votre attestation s’il vous plait.

    PETITE DAME   …


    GENDARME      Madame, s’il vous plait, votre attestation.

    PETITE DAME   …


    GENDARME      Madame, avez-vous rempli et signé votre attestation ?  Vous savez bien, à cause du COVID là, À la radio ils ont dit, la pandémie.

    PETITE DAME   …


    GENDARME (inquiet)    Oh-là, mais c’est qu’elle ne va pas bien la petite dame. Eh oh, madame, vous m’entendez ? Eh Ohhh ? Tenez, regardez il y a un banc juste ici, à l’ombre de l’arbre. Asseyez-vous un instant, respirez. Respirez tranquillement. Voiiilààà… Ah vous reprenez des couleurs, j’ai cru que vous nous faisiez un malaise. Enlevez donc votre masque, c’est ça qui vous gêne aussi, vous le remettrez après allez.

    PETITE DAME   Vous…  vous…  vous êtes bien aimable…


    GENDARME      Ah ben voilà, elle parle la petite dame.  Vous habitez par ici ?  Vous avez de la famille pas loin ?

    PETITE DAME   Je…  C’est-à-dire j’ai ma petite fille à côté de chez moi…  Elle est assistante maternelle.


    GENDARME      Voulez-vous qu’on l’appelle ?  On va lui demander de venir vous chercher ?

    PETITE DAME   Non non…  vous êtes bien aimable…  je vais bien…  je vais bien…  je vais bien.  Je veux rentrer chez moi…  vous êtes bien aimable.


    GENDARME       D’accord mais moi je ne vous laisse pas vous relever tout de suite ma petite Dame. Vous vous reposez encore un petit peu s'il vous plait.  Comment vous appelez-vous ?

    PETITE DAME (elle récite comme une enfant)    Je m’appelle Marceline Le Floch je suis née à Landerneau le 16 février 1929.  Je suis Française.  Vous êtes bien aimable.


    GENDARME      Ne vous inquiétez pas, Madame, tout va bien.  Voilà respirez tranquillement.  Vous habitez loin ?

    PETITE DAME   J’habite là-haut.  J’ai toujours habité là-haut…  Mais vous savez, la maison elle a beaucoup changé depuis.  Oh là là oui.  Je vais bien…  Je rentre chez moi maintenant.  Vous êtes bien aimable.


    GENDARME      Vous êtes certaine ?

    PETITE DAME   Oui, certaine. Vous êtes bien aimable.

    Marceline se lève et part d’un pas égal.  Sur le banc, une flaque de pipi s’étale.  Des gouttes tombent entre les lattes.  Marceline marche quelques mètres.  Elle s’arrête.  Se retourne.  Un instant il y a cette chose impossiblement violente en elle. En contraste total avec son malaise et sa frayeur des minutes précédentes.


    PETITE DAME   Vous savez jeune homme, on dit que je perds la mémoire mais moi je n’oublie pas ça. Parce que voyez-vous j’ai déjà été contrôlée ici.  En Novembre 1943.  Ils n’avaient pas été bien aimables.



    -- Metallurgeek

    Petite précision sur la licence cc-by

    Pour rappel les créations originales sur ce blog sont toutes sous licence CC-BY. CC pour Creative Commons et BY pour indiquer qu'il est sympatheek de citer l'auteur : Metallurgeek. 


    C'est une licence peu contraignante, je cite moi-même des créateur de cette manière. Au bout d'un temps ça devient un réflexe. Le principal avantage de cette license c'est d'éviter à un éventuel plagieur d'éprouver un sentiment misérable au moment où il (ou elle) inscrit son propre nom sur l'image qu'il (ou elle) vient de s'attribuer subrepticement.

    Digital Paper Dice

    C’est quasiment l’objet le plus con du monde. Ça et le vibromasseur pour méduse bien entendu. Bref, voici un "Digital Paper Dice" à fabriquer soi-même. Objet également dénommé "QR Cube."

     

    Digital Paper Dice

    Il s’agit ni plus ni moins d’un dé en papier. Un dé comme on fabriquait en cours préparatoire. L’époque bienheureuse où on se défonçait à la colle.

    Sur chaque face du dé est imprimé un QR Code. Et les valeurs respectives de chaque code sont 1, 2, 3, 4, 5 et – vous ne devinerez jamais – 6.

    Une fois assemblé on obtient donc cet objet particulièrement taré. Un véritable pont entre le monde analogique et le monde numérique. Un générateur aléatoire de très haute qualité (ou pas, voir [1]). Un Chindōgu éphémère, étant donnée la fragilité de l’assemblage.

    Ceux qui me lisent régulièrement (oui, toi) savent déjà à quoi sert cet objet : à rien. Ou alors éventuellement à faire réfléchir un petit peu. Et à faire rigoler les rôlistes.


     



    TL;DR

    Un moment j’ai cru que j’étais le seul suffisamment tordu pour inventer une daube pareille. En fait pas du tout. Je suis même carrément en retard ! Certains en font, et vendent, des QR code en bois. D’autres en font en plastique façon 3D print. Et la palme revient à ceux-ci qui ont carrément breveté le concept il y a dix ans (voir [2]). Attends mais dis donc, si c’est breveté… peut-être que ça sert à quelque chose ?

    Références

    [1]    Article: How random is dice tossing? (pdf).
    [2]    Brevet: Augmented reality service system using qr code cube (pdf).

    (repost) C'est moi qui décide !

    La prise de décision est un processus cognitif complexe visant à la sélection d'un type d'action parmi différentes alternatives.


    Dans la vie, dans le boulot, dans l'administration, il nous arrive de ne pas pouvoir décider tout seul. Alors il faut aller voir un décideur. Il en existe une infinie variété. Laissez-moi vous décrire quelques spécimens.


    * Le décideur-que-oui
    C'est certainement le décideur le plus apprécié. Il examine les éléments de décision : l'intérêt, l'opportunité, le budget, le risque. Il évalue aussi le contexte : le fun, la mode, l'état des troupes, etc. Et si c'est oui, alors il-décide-que-oui. Extrêmement responsabilisant.

    * Le décideur que mmouaiffff bof pffff...
    À l'instar du précédent, il peut décider que oui. Mais il affectera un air blasé en toutes circonstances. Il dit oui, mais du bout des lèvres. Double avantage pour lui : 1) il vous infériorise légèrement en suggérant que votre truc est blasant, 2) si ça rate il pourra affirmer qu'il n'y avait jamais cru vraiment.

    * Le décideur-que-non
    Il sait dire non et il sait que c'est une grande qualité. Alors il en abuse. En refusant, il se dispense d'examiner la totalité des éléments de décision. Il lui suffit de trouver un seul élément boiteux pour aussitôt avoir une bonne raison de refuser. J'adore ce type de décideur, parce qu'il-décide-que-non, mais moi je le fais quand même. Si ça rate c'est pour mes pieds (normal). Mais si ça réussi, il se peut que le décideur-que-non talentueux partage le mérite. Le décideur-que-non très talentueux saura même s'attribuer tout le mérite. Mais là c’est du grand art.

    * Le décideur que NON, NON, NON ET NON!
    Comme le précédent, mais en criant très fort. On en trouve de moins en moins et dans un sens tant mieux parce que moi, les gens qui crient très fort, ça me fait peur. Sauf au HellFest. Au HellFest c'est les gens qui ne crient pas qui me font peur.

    * Le décideur que t'es viré
    Fréquent aux U.S.A. parait-il. J'en ai rencontré un il y a très longtemps et celui-là me faisait vraiment peur, comme les zombies. Mais bon, il s'est fait virer.

    * Le décideur qu'il faut remplir le dossier départemental de pré-questionnement anticipatoire 24 bis modifié 1975 alinéa-32-67
    Merde, vous êtes à la sécu ! Tirez-vous en courant, tant pis pour le remboursement.

    * Le décideur qu'il faut qu'on en parle
    Lui c'est mon chouchou. Il diffère la décision mais il laisse la porte ouverte. Il donne de l'intérêt à votre proposition : il faut qu'on en parle.

    * Le décideur qu'il faut qu'on en parle mais là je n'ai pas le temps
    Variante astucieuse du précédent. En discutant avec un décideur-qu'il-faut-qu'on-en-parle, on est tenté de dire : "ben justement on en parle là". Certains sont désarçonnés. D'autres répondent stoïquement : oui-mais-là-tout-de-suite-j'ai-pas-le-temps". Imparable.

    * Le décideur qu'il faut mettre la museek moins fort
    Je peux pas le saquer celui-là ! Il y a peu de gens qui me révoltent mais là c'est abuser !

    * Le décideur que vous êtes décidément très mignonne comme ça en jupette courte tournez un peu sur vous même pour voir
    #BalanceTonPorc

    * Le décideur que la machine de Turing va s’arrêter (ou pas)

    * Le décideur qu'on va tirer à pile ou face
    Alors ça c'est fort !

    * Le décideur qu'on va tirer à pile ou face vous auriez pas une piece ?
    Alors ça c'est très fort !

    * Le décideur qu'on va prendre une bière
    Très apprécié en fin de journée. Il m'arrive d'inventer des trucs débiles à décider rien que pour aller lui demander... et comme ça on va boire une bière. Après la bière, le problème à décider se pose en des termes beaucoup plus simples, genre : on en reprend une deuxième ?

    * Le décideur que vous voyez ce que je veux dire ?
    Celui-ci c'est G. qui me la soufflé dans un de ses commentaires ;) En général on ne voit pas du tout ce que ce décideur veut dire. Déjà voir ce que quelqu'un dit ce n’est pas facile. Alors voir ce que quelqu'un veut dire... Mais bon, souvent on dit quand même qu'on voit. Pour cacher qu'on ne voit pas. Vous voyez ce que je veux dire ?

    * Le décideur que ce billet débile est terminé
    Ça c'est moi :) Ou c'est vous, si vous avez décidé de terminer la lecture avant.