Bien sûr je peux te vouvoyer
Botsitting
Une version plus pessimiste de la définition c'est "Le temps perdu à discuter avec une IA au lieu de la laisser faire entièrement à notre place."
Bon, tant qu'on n'invente pas le terme "Humansitting" ça va(*).
(*) Humansitting : temps perdu par une IA à expliquer des trucs aux humains(**).
(**) Merde, je viens d'inventer le terme. :(
Soleil Rouge en Gironde
Au travers des fumées d'incendies.
Think Deeper?
Vous me connaissez, j'ai eu envie de vérifier.
Pourquoi vérifier ?
Parce que parfois il y a des arnaques. Par exemple, si ça n'avait tenu qu'à moi, le mode think deeper serait juste ce prompt : "Fais semblant d'attendre un peu, donne un résultat avec un niveau de langage plus soutenu que d'habitude, facture trois fois plus de jetons".
Pour ceux qui auront la patience de me lire jusqu'au bout, vous verrez que l'arnaque, s'il y en a une, n'est pas forcément où l'on croit...
Comment vérifier ?
Quelle question ?
La question que j'ai trouvée est la suivante : "Dans la pièce de théâtre Un chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche, de
quoi est orné le chapeau ?"
Réponse en mode normal
Le mode normal donne de mauvaises réponses.
Essentiellement ça dit que le chapeau est orné de violettes. J’ai eu aussi : le chapeau est orné de fleurs d’oranger. Et parfois : le chapeau n'est pas orné.
Réponse en mode think deeper
Le mode think deeper donne toujours la bonne
réponse : le chapeau est orné de coquelicots.
Vérifier sans IA
J’ai choisi un chapeau de paille d'Italie parce que le texte est
domaine public, accessible ici par exemple, et donc plus aisément vérifiable. Cherchez par exemple les mots violette / oranger / coquelicot.
Où est l'arnaque alors ?
Donc pour moi, et jusqu'à preuve du contraire, le mode normal *pourrait* s'avérer une grosse bouse inutile. Grosse bouse dont l'unique intérêt serait de renforcer l'appétence pour le produit standard, pompeusement renommé think deeper.
En marketing on dirait une sorte de produit d'appel ou un produit leurre(*). Ou pire, un bridage volontaire.
Il faut deux exemples...
(*) Pour un produit leurre il faut trois items, qui seraient ici : l'IA en version think deeper, les IA gratuites, et l'IA en version normale (le leurre).
Demain j'arrête
Demain j'arrête. Enfin pas pile demain, mais après le HellFest. On verra. En tout cas je songe à arrêter...
Ou pas.
Tuto : L'éventail Anti Canicule
Voici mon tuto pratique et infaillible pour vous fabriquer un éventail anti-canicule. Mieux qu'un éventail : un épouvantail !

Simple comme un-deux-trois
2) Plissez soigneusement la page. Dans le sens de la largeur. Fronces d'un centimètre environ (voir photos plus bas).
3) Eventez-vous à longueur de journée en répétant "Ah si j'avais su, ah si j'avais su, ..."
Le bonus de Metallurgeek
En bonus, vous pouvez également lire votre éventail. Et même lire en entier la synthèse du rapport.
OK, c'est un peu long et compliqué. Mais profiter de 42 pages d'information en direct, sur un sujet brûlant, sans intermédier par le moindre journaliste ni le moindre média, c'est quand la dernière fois que vous avez fait ça ?
Il faut sortir du cadre (repost)
Ah, la jolie vérité qu’on nous assène régulièrement : Il faut sortir du cadre. Avec le "Il faut" comme une impérieuse nécessité.
On s’attendrait presque au "sinon" à la fin. Sinon quoi ? Sinon pas de solution, sinon pas d’innovation, sinon pas de créativité… Et d’entendre ça partout : il faut sortir du cadre ; en brainstorm, aux ressources humaines et même pendant les formations destinées aux... cadres.
L’évidence
L’exemple canoneek
Le second aspect me gêne davantage : c’est toujours la même solution qui est proposée. Il s'agit, justement, de la solution où les traits doivent déborder du carré implicitement défini par les neuf points. Certes ça augmente la valeur pédagogeek de l’exemple mais c’est aussi profondément angoissant : il n’y aurait qu’une seule manière de sortir du cadre, et ce serait toujours la même… Mais alors, tout ça déboucherait juste sur un autre cadre ? Et très étroit à ce qu’il semble. Angoissant.
Vite vite, d’autres solutions
Par contre, en jouant légèrement sur l’interprétation de l’énoncé, on trouve quelques idées sans trop trivialiser le problème. Par exemple, si les points sont en fait de petits disques de diamètre non nul, alors il existe une solution en trois traits. En fait, en considérant que des parallèles se coupent à l’infini, la solution à trois traits existe même pour des points sans dimension. Aller jusqu’à l’infini pour trouver une solution, là ça commence vraiment à sortir du cadre.
Enfin je ne résiste pas à la solution Shadock ci-contre (ou Dali ou Kandinsky), qui trivialise le problème – certes – mais est scandaleusement conforme à l’énoncé. Pour réparer l’énoncé il faudrait déjà dire « quatre segments » au lieu de « quatre traits ».
D’autres exemples
La pelle à tarte : illustrée juste à gauche. Il faut sortir la miette de la pelle en déplaçant seulement deux segments. Je ne connais qu’une solution. Mais je ne suis pas très fort en pelle à tarte.
Les triangles : faire exactement quatre triangles avec six allumettes. Je ne connais qu'une solution :(
Les triangles (bis) : faire plus que quatre triangles avec six allumettes. Je connais plus d’une solution, mais je ne les dis pas ici parce qu'il parait qu'un article trop long c'est chiant.
Ben alors?
Finalement, il faut sortir du cadre ou pas alors ?
(update Mai 2014) Même un cadre à vélo j'ai du mal à rester dessus...
| Thinking outside the box (en anglais ça référence mieux ;) |
Monsieur Kern (repost)
Il me parlait chaque matin, quelques minutes, à la sortie du Métro Austerlitz. Je me souviens ses vieilles paluches serrées sur le godet de café, qu’il – je cite – allait se jeter derrière la cravate. Je ne crois pas qu’il ait jamais porté de cravate.
Après les politesses d’usage – Salut le p’tit étudiant, fait meilleur aujourd’hui hein ? – son histoire commençait, recommençait, inlassablement. Toujours le même début jamais la même suite : Tu vois mon père il me cognait dessus tout le temps. Quand il picolait, quand il picolait pas. Alors moi un matin, j’avais 14 ans, j’ai mis des trucs dans un sac-à-dos et je suis parti sur la route. Et j’y suis encore !
C’était ça son début, invariable. La suite se créait chaque jour en fonction de son humeur, de ceux qu’il – soi-disant – rencontrait sur sa route, de ce qu’il avait lu dans les journaux de la veille… Il n’y avait jamais de fin, il se perdait complètement dans les détails et moi je devais y aller parce que bon, c’est pas tout hein, mais faut y aller quand même…
Je ne l’interrompais pas souvent, je ne lui faisais jamais remarquer les contradictions, les anachronismes manifestes. Je l’écoutais. Parfois il revenait au présent : Eh le p’tit étudiant, garde tes thunes et va plutôt me chercher un café aux quais, que je me le jette derrière la cravate. Pas chez machin-truc c’est des cons. Tu vas chez l’arabe et tu dis que c’est pour Monsieur Kern. Quand c’est Mohamed il me fait pas payer.
Une fois Monsieur Kern m’a montré une souris qu’il avait assommée là où il vivait, une espèce d’hôtel chelou que son assistante sociale avait fini par lui dégotter. J’l’ai bien choppée cette salope ! La souris hein, pas l'assistante.
Puis il revenait à son histoire : J’ai 59 ans et je suis toujours sur la route, j’ai changé mon sac à dos des dizaines de fois, mais moi j’ai jamais changé. Regarde, ce sac-là il est bien, je l’ai chouré au vieux campeur. C’est des cons là-bas tu sortirais un semi-remorque sans payer qu’ils le verraient même pas. Moi je crois qu’ils avaient très bien vu mais qu’ils avaient laissé faire. Personne n’avait le cœur d’emmerder monsieur Kern.
Et puis un matin, pas d’histoire, pas de café. Il disait qu’il était allé aux toilettes, qu’il avait – je cite – poussé trop fort et qu’il avait senti quelque chose craquer « par-là » en montrant son abdomen. On allait lui faire des examens. Pendant plusieurs jours comme ça : on va me faire des examens.
Et un matin, pas de Monsieur Kern. Mohamed m’a dit qu’il était mort cette nuit. Et il m’a griffonné le numéro de son assistante sociale sur une serviette en papier. Vague tristesse dans son regard et un geste du genre c’est comme ça. Il me tend un café et refuse ma monnaie : le café c’est pour moi aujourd’hui. Je le regarde avec un sourire : Ben je vais me le jeter derrière la cravate alors. Je me souviens qu’on a ri.
À la crémation de Monsieur Kern nous étions deux : l’assistante sociale et moi. Mohamed travaillait. L’assistante a dit que d’habitude elle était toute seule. Pendant tout le temps qu’il crémationnait je me demandais ce qu’était devenu son sac-à-dos et tout le fatras qu’il trimbalait là-dedans. Une vie de route. L’assistante n’en avait pas la moindre idée : vous savez, monsieur Kern il racontait quand même beaucoup d’histoires.
Oui, je savais.
-- Metallurgeek
Le Vigile Numérisera (repost)
Un texte oulipien consacré à mon dégoût des CAPTCHA.
Les CAPTCHA vous voyez ? Ces épreuves humiliantes que les machines nous infligent pour vérifier que nous sommes bien des humains. Littéralement les CAPTCHA sont des vigiles numériques : textes tout tordus à déchiffrer, morceaux de vélo en puzzle, images de ponts à reconnaître, silhouettes à orienter, sons bruités à reconnaître, etc.
Épistémologiquement ça me troue le huq ! Bientôt les machines nous demanderont de faire la danse de la pluie. Il faudra s'exécuter ou être exécutés.
Dire la similitude ridicule
la caricature des inutiles.
Imaginer un examen unanime
paradoxal oxymore figuratif.
et un apax isole l'usager.
Et bien sûr ceux qui me connaissent (ouais, toi) se doutent que le texte précédent respecte une contrainte. Je vous laisse la chercher tranquillement si ça vous amuse. Je glisse la soluce en commentaire.
Original ici : https://www.metallurgeek.fr/2023/09/le-vigile-numerisera.html
Aqua penses-tu ?
Bon, j'en suis à 15 mois sans rien boire. Enfin, rien de plus fort que de la Brooklyn sans alcool à 0,4°. Et 0,4° j'aime mieux vous dire que ça prend un temps dingue pour être torché !
Côté thunes c'est difficile à calculer précisément, mais j'estime environ 300 balles d'économies sur l'ensemble de la période. Somme que j'ai intégralement reversé à une petite association d'utilité publique dans mon quartier : trois quatres mecs cagoulés avec des pitbulls dans le hall de l'immeuble. Enfin je n'ai pas vraiment reversé l'argent, c'est plutôt eux qui m'ont tout pris direct. C'est bizarre l'associatif ces temps-ci.
Bref, je suis super heureux de ne pas picoler (sauf au HellFest évidemment).
Choc de terminaison
Right through the cracks
| Hangar désaffecté à Redon. |
"What if you could look right through the cracks?
Would you find yourself, find yourself afraid to see?"
-- Nine Inch Nails, Right Where It Belongs.
Deux fois triste
Aujourd'hui mon coeur de métalleux saigne pour Ozzy Osbourne. Aujourd'hui mon coeur de geek saigne pour Gilles Dowek.
L'un des deux fut mon professeur en logique et théorie des langages. L'autre fut mon professeur en défonce et surdité. Je vous laisse deviner lequel est lequel.
La mauvaise heure
La mauvaise heure
De quatre à cinq
Qui vous réveille
La mauvaise herbe
Qui vous enfume
Qui vous consume
Le mauvais temps
L'autre maintenant
Au creux des veilles
La fenêtre de Platon
| Photo "La fenêtre de Platon" par Metallurgeek |
La fenêtre de Platon
Jeune homme je me souviens, on m'a enseigné la caverne de Platon. C'était en cours de philo. Et à l'époque j'avais très mal compris.
À ma décharge, ma voisine de classe m'avait demandé de bien vouloir déposer un peu de vernis à ongles sur le haut de son bas, lequel venait malencontreusement de filer…
Hormones 1 – Platon 0.
Et donc j'en garde un souvenir assez vague. De la caverne de Platon hein. Parce que de ma voisine de classe je garde un souvenir plutôt précis.
J'ai compris qu'en gros le soleil symbolise la faculté de révéler les vérités essentielles. Il éclaire toutes les choses véritables au dehors. Mieux que ça, il éclaire les modèles idéaux des choses. Nous, pauvres humains, ne sommes pas dehors. Nous sommes à l'intérieur de la caverne. Là, nous observons au mieux les ombres portées. Des instances d'objets plutôt que les classes.
Ma voisine pendant le cours de philo s'appelait Jenny. Elle avait un large sourire, un menton franc avec une fossette, beaucoup de joie et de vie dans toute sa personne. Elle portait du vernis à ongles et un bas filé.
J'ai conservé le vague souvenir qu'un feu brûlait dans la caverne. Feu qui lui-même projetait des ombres. Ça m'a suffi pour en concevoir une récursion infinie, une caverne dans une caverne dans une caverne. Je ne sais pas si c'était dans l'idée initiale de Platon, je lui demanderai à l'occasion.
Jenny avait une maturité sensuelle et amoureuse infiniment supérieure à la mienne. À l'âge où tout en moi était panique, improvisation et vantardises fantasmées, Jenny était calme, certaine de sa séduction et honnête en sentiment.
De la caverne de Platon j'ai gardé l'idée que le raisonnement juste du philosophe permettait de s'en extraire. Sortir pour voir au-delà des apparences et des phénomènes. Comme on sort de la bouteille à mouches de Wittgenstein.
Ce matin de 2025, le soleil d'hiver traverse ma fenêtre. Les rayons roses de l'Est traversent la pièce et tracent un jeu d'ombres sur le mur intérieur. De cette lumière du dehors naît une autre fenêtre, projetée, ombrée, filigranée. Et pourtant idéale. Des images qui se répondent, en somme, des ombres où le vrai est partout pour peu qu'on l'observe avec intensité.
Je me souviens de la phalange de mon index effleurant le plus légèrement possible le haut de la cuisse de Jenny. Son sourire. Le hurlement du sang dans mes tempes. La gueulante du prof qui réclamait l'attention de la classe. « Bon sang, la caverne de Platon c'est essentiel ! Et je vous signale que ça tombe régulièrement au bac ! »
Je pense à tout ceci en regardant ma fenêtre d'ombre et de lumière. Et je sursaute quand, levée sans un bruit, tu viens m'enlacer les épaules.
-- Metallurgeek
Les IAs écrivent mieux que moi (et de loin)
Metallurgeek : Chroniques d’un métal-geek assumé
Plongez dans l’univers déjanté d’un esprit aussi aiguisé qu’une lame de guitare électrique, où le métal résonne aussi fort que les lignes de code. Entre humour grinçant, réflexions geek et poésie improbable, Metallurgeek vous entraîne dans une odyssée aussi brute que raffinée. Des chamallows triés avec une précision diabolique aux énigmes tordues dignes d’un Oulipo sous stéroïdes, en passant par des apartés sur Marilyn Manson et des rêveries en ROT13, ce recueil est un cocktail explosif.Pour les amateurs de riffs assassins, de logique tordue et de vérités asymétriques : un voyage sans filet au cœur d’un monde où le métal rencontre le rire, et où l’absurde devient art. Attention, risque élevé de headbanging intellectuel !
Smash Hit Combo - Mes chouchous ceux-là !!!
La classe.
Pas donné à tout le monde d'écrire un truc aussi sonore.













