Climb the small mountain.
Perform Hangetsu, slowly.
Descend.
Vous me connaissez, j'ai eu envie de vérifier.
Parce que parfois il y a des arnaques. Par exemple, si ça n'avait tenu qu'à moi, le mode think deeper serait juste ce prompt : "Fais semblant d'attendre un peu, donne un résultat avec un niveau de langage plus soutenu que d'habitude, facture trois fois plus de jetons".
Pour ceux qui auront la patience de me lire jusqu'au bout, vous verrez que l'arnaque, s'il y en a une, n'est pas forcément où l'on croit...
La question que j'ai trouvée est la suivante : "Dans la pièce de théâtre Un chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche, de
quoi est orné le chapeau ?"
Le mode normal donne de mauvaises réponses.
Essentiellement ça dit que le chapeau est orné de violettes. J’ai eu aussi : le chapeau est orné de fleurs d’oranger. Et parfois : le chapeau n'est pas orné.
Le mode think deeper donne toujours la bonne
réponse : le chapeau est orné de coquelicots.
J’ai choisi un chapeau de paille d'Italie parce que le texte est
domaine public, accessible ici par exemple, et donc plus aisément vérifiable. Cherchez par exemple les mots violette / oranger / coquelicot.
Donc pour moi, et jusqu'à preuve du contraire, le mode normal *pourrait* s'avérer une grosse bouse inutile. Grosse bouse dont l'unique intérêt serait de renforcer l'appétence pour le produit standard, pompeusement renommé think deeper.
En marketing on dirait une sorte de produit d'appel ou un produit leurre(*). Ou pire, un bridage volontaire.
Voici mon tuto pratique et infaillible pour vous fabriquer un évential anti-canicule. Mieux qu'un évential : un épouvantail !

Simple comme un-deux-trois
Le bonus de Metallurgeek
En bonus, vous pouvez également lire votre éventail. Et même lire en entier la synthèse du rapport.
OK, c'est un peu long et compliqué. Mais profiter de 42 pages d'information en direct, sur un sujet brûlant, sans intermédier par le moindre journaliste ni le moindre média, c'est quand la dernière fois que vous avez fait ça ?
Demain j'arrête. Enfin pas pile demain, mais après le HellFest. On verra. En tout cas je songe à arrêter...
Ou pas.
Ah, la jolie vérité qu’on nous assène régulièrement : Il faut sortir du cadre. Avec le "Il faut" comme une impérieuse nécessité.
On s’attendrait presque au "sinon" à la fin. Sinon quoi ? Sinon pas de solution, sinon pas d’innovation, sinon pas de créativité… Et d’entendre ça partout : il faut sortir du cadre ; en brainstorm, aux ressources humaines et même pendant les formations destinées aux... cadres.
Le second aspect me gêne d’avantage : c’est toujours la même solution qui est proposée. Il me parlait chaque matin, quelques minutes, à la sortie du Métro Austerlitz. Je me souviens ses vieilles paluches serrées sur le godet de café, qu’il – je cite – allait se jeter derrière la cravate. Je ne crois pas qu’il ai jamais porté de cravate.
Après les politesses d’usage – Salut le p’tit étudiant, fait meilleur aujourd’hui hein ? – son histoire commençait, recommençait, inlassablement. Toujours le même début jamais la même suite : Tu vois mon père il me cognait dessus tout le temps. Quand il picolait, quand il picolait pas. Alors moi un matin, j’avais 14 ans, j’ai mis des trucs dans un sac-à-dos et je suis parti sur la route. Et j’y suis encore !
C’était ça son début, invariable. La suite se créait chaque jour en fonction de son humeur, de ceux qu’il – soi-disant – rencontrait sur sa route, de ce qu’il avait lu dans les journaux de la veille… Il n’y avait jamais de fin, il se perdait complètement dans les détails et moi je devais y aller parce que bon, c’est pas tout hein, mais faut y aller quand même…
Je ne l’interrompais pas souvent, je ne lui faisais jamais remarquer les contradictions, les anachronismes manifestes. Je l’écoutais. Parfois il revenait au présent : Eh le p’tit étudiant, garde tes thunes et va plutôt me chercher un café aux quais, que je me le jette derrière la cravate. Pas chez machin-truc c’est des cons. Tu vas chez l’arabe et tu dis que c’est pour Monsieur Kern. Quand c’est Mohamed il me fait pas payer.
Une fois Monsieur Kern m’a montré une souris qu’il avait assommée là où il vivait, une espèce d’hôtel chelou que son assistante sociale avait fini par lui dégotter. J’l’ai bien choppée cette salope ! La souris hein, pas l'assistante.
Puis il revenait à son histoire : J’ai 59 ans et je suis toujours sur la route, j’ai changé mon sac à dos des dizaines de fois, mais moi j’ai jamais changé. Regarde, ce sac-là il est bien, je l’ai chouré au vieux campeur. C’est des cons là-bas tu sortirais un semi-remorque sans payer qu’ils le verraient même pas. Moi je crois qu’ils avaient très bien vu mais qu’ils avaient laissé faire. Personne n’avait le cœur d’emmerder monsieur Kern.
Et puis un matin, pas d’histoire, pas de café. Il disait qu’il était allé aux toilettes, qu’il avait – je cite – poussé trop fort et qu’il avait senti quelque chose craquer « par-là » en montrant son abdomen. On allait lui faire des examens. Pendant plusieurs jours comme ça : on va me faire des examens.
Et un matin, pas de Monsieur Kern. Mohamed m’a dit qu’il était mort cette nuit. Et il m’a griffonné le numéro de son assistante sociale sur une serviette en papier. Vague tristesse dans son regard et un geste du genre c’est comme ça. Il me tend un café et refuse ma monnaie : le café c’est pour moi aujourd’hui. Je le regarde avec un sourire : Ben je vais me le jeter derrière la cravate alors. Je me souviens qu’on a ri.
À la crémation de Monsieur Kern nous étions deux : l’assistante sociale et moi. Mohamed travaillait. L’assistante a dit que d’habitude elle était toute seule. Pendant tout le temps qu’il crémationnait je me demandais ce qu’était devenu son sac-à-dos et tout le fatras qu’il trimbalait là-dedans. Une vie de route. L’assistante n’en avait pas la moindre idée : vous savez, monsieur Kern il racontait quand même beaucoup d’histoires.
Oui, je savais.
-- Metallurgeek
Un texte oulipien consacré à mon dégoût des CAPTCHA.
Les CAPTCHA vous voyez ? Ces épreuves humiliantes que les machines nous infligent pour vérifier que nous sommes bien des humains. Littéralement les CAPTCHA sont des vigiles numériques : textes tout tordus à déchiffrer, morceaux de vélo en puzzle, images de ponts à reconnaître, silhouettes à orienter, sons bruités à reconnaître, etc.
Épistémologiquement ça me troue le huq ! Bientôt les machines nous demanderont de faire la danse de la pluie. Il faudra s'exécuter ou être exécutés.
Dire la similitude ridicule
la caricature des inutiles.
Imaginer un examen unanime
paradoxal oxymore figuratif.
Et bien sûr ceux qui me connaissent (ouais, toi) se doutent que le texte précédent respecte une contrainte. Je vous laisse la chercher tranquillement si ça vous amuse. Je glisse la soluce en commentaire.
Original ici : https://www.metallurgeek.fr/2023/09/le-vigile-numerisera.html
Bon, j'en suis à 15 mois sans rien boire. Enfin, rien de plus fort que de la Brooklyn sans alcool à 0,4°. Et 0,4° j'aime mieux vous dire que ça prend un temps dingue pour être torché !
Côté thunes c'est difficile à calculer précisément, mais j'estime environ 300 balles d'économies sur l'ensemble de la période. Somme que j'ai intégralement reversé à une petite association d'utilité publique dans mon quartier : trois quatres mecs cagoulés avec des pitbulls dans le hall de l'immeuble. Enfin je n'ai pas vraiment reversé l'argent, c'est plutôt eux qui m'ont tout pris direct. C'est bizarre l'associatif ces temps-ci.
Bref, je suis super heureux de ne pas picoler (sauf au HellFest évidemment).
| Hangar désaffecté à Redon. |
"What if you could look right through the cracks?
Would you find yourself, find yourself afraid to see?"
-- Nine Inch Nails, Right Where It Belongs.
Aujourd'hui mon coeur de métalleux saigne pour Ozzy Osbourne. Aujourd'hui mon coeur de geek saigne pour Gilles Dowek.
L'un des deux fut mon professeur en logique et théorie des langages. L'autre fut mon professeur en défonce et surdité. Je vous laisse deviner lequel est lequel.
La mauvaise heure
De quatre à cinq
Qui vous réveille
La mauvaise herbe
Qui vous enfume
Qui vous consume
Le mauvais temps
L'autre maintenant
Au creux des veilles
| Photo "La fenêtre de Platon" par Metallurgeek |
Jeune homme je me souviens, on m'a enseigné la caverne de Platon. C'était en cours de philo. Et à l'époque j'avais très mal compris.
À ma décharge, ma voisine de classe m'avait demandé de bien vouloir déposer un peu de vernis à ongles sur le haut de son bas, lequel venait malencontreusement de filer…
Hormones 1 – Platon 0.
Et donc j'en garde un souvenir assez vague. De la caverne de Platon hein. Parce que de ma voisine de classe je garde un souvenir plutôt précis.
J'ai compris qu'en gros le soleil symbolise la faculté de révéler les vérités essentielles. Il éclaire toutes les choses véritables au dehors. Mieux que ça, il éclaire les modèles idéaux des choses. Nous, pauvres humains, ne sommes pas dehors. Nous sommes à l'intérieur de la caverne. Là, nous observons au mieux les ombres portées. Des instances d'objets plutôt que les classes.
Ma voisine pendant le cours de philo s'appelait Jenny. Elle avait un large sourire, un menton franc avec une fossette, beaucoup de joie et de vie dans toute sa personne. Elle portait du vernis à ongles et un bas filé.
J'ai conservé le vague souvenir qu'un feu brûlait dans la caverne. Feu qui lui-même projetait des ombres. Ça m'a suffi pour en concevoir une récursion infinie, une caverne dans une caverne dans une caverne. Je ne sais pas si c'était dans l'idée initiale de Platon, je lui demanderai à l'occasion.
Jenny avait une maturité sensuelle et amoureuse infiniment supérieure à la mienne. À l'âge où tout en moi était panique, improvisation et vantardises fantasmées, Jenny était calme, certaine de sa séduction et honnête en sentiment.
De la caverne de Platon j'ai gardé l'idée que le raisonnement juste du philosophe permettait de s'en extraire. Sortir pour voir au-delà des apparences et des phénomènes. Comme on sort de la bouteille à mouches de Wittgenstein.
Ce matin de 2025, le soleil d'hiver traverse ma fenêtre. Les rayons roses de l'Est traversent la pièce et tracent un jeu d'ombres sur le mur intérieur. De cette lumière du dehors naît une autre fenêtre, projetée, ombrée, filigranée. Et pourtant idéale. Des images qui se répondent, en somme, des ombres où le vrai est partout pour peu qu'on l'observe avec intensité.
Je me souviens de la phalange de mon index effleurant le plus légèrement possible le haut de la cuisse de Jenny. Son sourire. Le hurlement du sang dans mes tempes. La gueulante du prof qui réclamait l'attention de la classe. « Bon sang, la caverne de Platon c'est essentiel ! Et je vous signale que ça tombe régulièrement au bac ! »
Je pense à tout ceci en regardant ma fenêtre d'ombre et de lumière. Et je sursaute quand, levée sans un bruit, tu viens m'enlacer les épaules.
Metallurgeek : Chroniques d’un métal-geek assumé
Plongez dans l’univers déjanté d’un esprit aussi aiguisé qu’une lame de guitare électrique, où le métal résonne aussi fort que les lignes de code. Entre humour grinçant, réflexions geek et poésie improbable, Metallurgeek vous entraîne dans une odyssée aussi brute que raffinée. Des chamallows triés avec une précision diabolique aux énigmes tordues dignes d’un Oulipo sous stéroïdes, en passant par des apartés sur Marilyn Manson et des rêveries en ROT13, ce recueil est un cocktail explosif.Pour les amateurs de riffs assassins, de logique tordue et de vérités asymétriques : un voyage sans filet au cœur d’un monde où le métal rencontre le rire, et où l’absurde devient art. Attention, risque élevé de headbanging intellectuel !
Je republie ici ce texte écrit en une heure, précisément l'heure supplémentaire entre 2h et 3h du matin à la faveur du passage en heure d'hiver.
Ce dont l’humanité se souviendra c’est que ça a commencé à dix heures cinquante et une minute dix-huit secondes précises. Ou alors très exactement à cinq heures quarante cinq et sept secondes. À moins que ce ne soit pile à dix-sept heures deux minutes et cinquante secondes.
En tout cas ça a commencé partout en même temps.
Jérémy déboule tout essoufflé dans le grand café face au Jardin du Luxembourg. S’il y a bien une chose qu’il déteste c’est arriver en retard. Surtout qu’il croyait avoir tout fait pour être en avance. Du regard il balaye les personnes attablées. Grâce à la photo sur son portable il reconnaît Aïcha. Wahou encore plus belle en vrai ! Un instant Jérémy reprend son souffle et se refait une contenance. Enfin il affiche son plus beau sourire et avance vers Aïcha.
Au L.H.C. de Genève rien ne va plus. La direction a rappelé tout le personnel disponible. Mais aucune expérience en vrai grandeur n’est autorisée. Trop dangereux pour l’instant. Si tant est que « pour l’instant » ait encore le moindre sens. Alors on cherche, on s’affaire, on émet des hypothèses. On gratte à la craie sur du tableau noir, au feutre à alcool sur du tableau blanc, on efface des équations d’un coup de chiffon rageur.
À l’école Chloé a tout juste le temps de se rasseoir que retentit, une fois de plus, la sonnerie de la récréation. La maîtresse en reste bouche bée. Les enfants se regardent incrédules. Un silence reste suspendu dans l’air. Et l’instant d’après ce ne sont que cris de joie et papiers qui volent : « Encore la récré, encore la récré ! » La maîtresse hésite entre contrariété et résignation… de toute manière les CM1 il n’y a pas moyen de les tenir.
Aïcha a reconnu Jérémy dès son entrée fracassante. Elle regarde l’heure sur son portable. Quoi, une demi-heure d’avance ? Mais qui donc arrive avec une demi-heure d’avance pour un date ? Elle sursaute. Comment est-ce possible, elle vient à peine d’arriver et elle était pile à l’heure. Ah, Jérémy l’a vue et s’approche en souriant. Joli sourire d’ailleurs.
À l’hippodrome c’est n’importe quoi. Première fois que ça arrive ! Une partie des chevaux a démarré la course alors que l’autre n’était même pas sorti des boxes. Il a fallu annuler, recommencer, une fois deux fois. Pas moyen de les faire partir ensemble. De toute façon la moitié des spectateurs seulement était arrivée. D’autres étaient à la buvette attendant que ça commence dans dix minutes. Euh, non, dans trois minutes. Mais pas du tout madame, dans un quart d’heure voyons, on a bien le temps.
Au LHC on re-autorise finalement les expérimentations. Parce qu’il s’agirait de comprendre quand même ! Des particules accélèrent, tournent, tournent, tournent… et se ratent complètement. Les techniciens, les ingénieurs, les chercheurs, tout le monde s’énerve. Ça enclenche, ça reboote, ça pianote, ça griffonne, mais rien n’y fait. Plus moyen de déterminer ne serait-ce que l’instant d’une collision.
Chloé a suffisamment joué. Dos à un platane elle observe maintenant l’étrange ballet de la directrice. Perchée au sommet d’une haute échelle elle bidouille la sonnerie. Sûrement pour la débrancher pense Chloé, parce qu’elle sonnait vraiment à tout instant. Dehors des parents attendent. « Vous allez voir qu’ils vont encore nous les lâcher en retard ! » « Oh ben là ça va, c’est pas avant dix bonnes minutes, on a bien le temps de papoter. Et comment va-t-elle votre petite Chloé ? »
Partout dans le monde des gens vont rater leur rendez-vous, des réveils vont sonner trop tôt. Ou pas du tout. Des poulets cuiront trop longtemps, des trains partiront en avance, des lampadaires s’allumeront en plein jour… Plus tard on saura qu’il est arrivé des choses terribles, des accidents, des avions en perdition. Les gouvernements feront des déclarations sérieuses à la télé au journal de 20h17. Euh… 20h41 vous voulez-dire ? Non, non, plutôt 17h53.
Les militaires seront sur la brèche pendant des semaines jusqu’à constater qu’il n’y a plus moyen de synchroniser la moindre opération. Les mois qui suivront, et c’est bien triste, quelques physiciens se pendront de désespoir sans que quiconque – samu, médecin, famille – ne sache s’accorder sur l’heure du décès.
Mais pour l’instant, Chloé saute dans les bras de papa à la sortie de l'école. Pour l'instant Aïcha et Jérémy se demandent s’ils commandent deux autres cafés ou s’ils ne vont pas plutôt déambuler un peu sur les allées du Jardin du Luxembourg.
Allez, petite publicité pour le jeu en ligne RegEx Crossword. Ça permet de bien comprendre les Expressions Régulières tout en s'amusant comme un fou. Un fou furieux, ça va sans dire.
À tout hasard, je rappelle que les Expressions Régulières c'est absolument trivial. Mais bon quand même, j'ai dû taffer un peu pour me tailler ma place dans le top 20.