2026-04-10

Il faut sortir du cadre (repost)

Ah, la jolie vérité qu’on nous assène régulièrement : Il faut sortir du cadre. Avec le "Il faut" comme une impérieuse nécessité.

  On s’attendrait presque au "sinon" à la fin. Sinon quoi ? Sinon pas de solution, sinon pas d’innovation, sinon pas de créativité… Et d’entendre ça partout : il faut sortir du cadre ; en brainstorm, aux ressources humaines et même pendant les formations destinées aux... cadres.


L’évidence


Penchons-nous sur cette belle évidence et sur ce qu’elle cache (ou pas). Sortir du cadre. Le "cadre", pour commencer, n’a pas l’air très bien défini. C’est juste quelque chose dont il faut sortir. À la réflexion "sortir" n’est pas clair non plus : que fait on une fois sorti ? On reste dehors ? Ou alors on redevient quelqu’un de bien rangé, le genre qui cadre avec ce qu’on attend de lui.

  Bon, le sens général le plus plausible c'est surement quelque chose comme : "il faut se libérer des contraintes implicites nous empêchant de réfléchir autrement". Allez, admettons.

L’exemple canoneek


  Pour bien nous expliquer ça, on nous sert toujours le même exemple. Quand je dis toujours c’est toujours. Personnellement, j’y ai déjà eu droit trois fois pendant des formations (dans l'ordre : pédagogie, créativité, management). L'exemple donc c'est cette énigme consistant à relier neuf points avec quatre traits seulement et sans lever le crayon. Si vous ne connaissez pas, prenez le temps de chercher un peu : ça fait plaisir quand on trouve :)


  Deux aspects me gênent avec cet exemple. D’abord, je l’ai déjà indiqué, il est utilisé à l’exclusion de tout autre. Pour vous en convaincre observez donc ce que donne cette requête sur Google image. Un seul exemple c'est trop peu. Ne dit-on pas qu'il faut deux exemples pour généraliser ?

  Le second aspect me gêne davantage : c’est toujours la même solution qui est proposée. 
Il s'agit, justement, de la solution où les traits doivent déborder du carré implicitement défini par les neuf points. Certes ça augmente la valeur pédagogeek de l’exemple mais c’est aussi profondément angoissant : il n’y aurait qu’une seule manière de sortir du cadre, et ce serait toujours la même… Mais alors, tout ça déboucherait juste sur un autre cadre ? Et très étroit à ce qu’il semble. Angoissant.


Vite vite, d’autres solutions


Je me suis mis à chercher d’autres solutions au problème des neuf points, ou à prouver leur inexistence. Disons-le tout de suite, à part les quatre variations sur la direction du trait initial, je n’ai pas trouvé d’autres solutions strictement géométreeks. Je n’ai pas non plus la preuve formelle de la non-existence d’autres solutions purement géométreeks, malgré quelques tentatives...

  Par contre, en jouant légèrement sur l’interprétation de l’énoncé, on trouve quelques idées sans trop trivialiser le problème. Par exemple, si les points sont en fait de petits disques de diamètre non nul, alors il existe une solution en trois traits. En fait, en considérant que des parallèles se coupent à l’infini, la solution à trois traits existe même pour des points sans dimension. Aller jusqu’à l’infini pour trouver une solution, là ça commence vraiment à sortir du cadre. 

  Dans le même esprit, on peut mettre la feuille en cylindre et faire un seul trait incliné selon l’épaisseur des points. Là je ne fais pas de figure, mais essayez sur le carton du PQ, ça marche nickel. Une autre approche joue sur l’épaisseur du trait : si le trait est suffisamment épais, genre un bon gros coup de rouleau à peinture, alors un seul trait suffit pour recouvrir d’un coup les neuf points. J’aime beaucoup le côté bourrin de cette solution :)

  On peut aussi imaginer des solutions avec pliage du papier : on plie soigneusement en accordéon de manière à ce que chaque rangée de trois points se retrouve sur une pliure. On fait coïncider les trois pliures les unes au-dessus des autres. Là on met un coup de feutre sur la tranche, un seul, et on déplie.

  Enfin je ne résiste pas à la solution Shadock ci-contre  (ou Dali ou Kandinsky), qui trivialise le problème – certes – mais est scandaleusement conforme à l’énoncé. Pour réparer l’énoncé il faudrait déjà dire « quatre segments » au lieu de « quatre traits ».

D’autres exemples


En cherchant un peu, il y a plein d’autres exemples pour illustrer "sortir du cadre". Pour chacun d’eux, je trouve intéressant de voir s’il y a plus d’une solution… Pas toujours facile. Je donnerais quelques solutions dans un prochain post (ou pas).

  L'énigme des parts de gâteau : comment couper un gâteau en huit parts avec seulement trois coups de couteau (bien droits) ? Pour l’instant, je connais trois solutions que je détaille dans un autre article.

  La pelle à tarte : illustrée juste à gauche. Il faut sortir la miette de la pelle en déplaçant seulement deux segments. Je ne connais qu’une solution. Mais je ne suis pas très fort en pelle à tarte.

Les triangles : faire exactement quatre triangles avec six allumettes. Je ne connais qu'une solution :(

  Les triangles (bis) : faire plus que quatre triangles avec six allumettes. Je connais plus d’une solution, mais je ne les dis pas ici parce qu'il parait qu'un article trop long c'est chiant.

    Ben alors?


    Ben alors, n’est pas hors du cadre qui croit. La prochaine fois qu’on vous assène l’exemple des neuf points, c'est-à-dire lors de votre prochaine formation, posez la question l’air de rien : « c’est la seule solution ? ». Ça mettra peut-être un peu de réflexion dans le cerveau d’en face. Ou pas. Par contre, n’essayez pas d’expliquer à votre formateur la solution en trois traits sécants à l’infini : ça va l’envoyer dans le mur. Évitez aussi de lui parler du carton du PQ…

    Finalement, il faut sortir du cadre ou pas alors ?


    Je ne peux pas encadrer les phrases qui commencent par il faut. Surtout en formation. Le cadre, on en sort si on veut, quand on veut, comme on veut et parce qu'on veut. Et surtout pas parce qu'il faut.

    (update Mai 2014) Même un cadre à vélo j'ai du mal à rester dessus...

      Oh, une dernière chose : je vous ai fait un petit fond d'écran avec les figures.

    Thinking outside the box
    (en anglais ça référence mieux ;)

    2026-03-05

    De mal en pis


    "Vas y sors l'otage malvoyant du taudis
    sinon ils tuent salement Dominique."

    Cette phrase, somme toute banale et quotidienne,
    respecte pourtant une contrainte particulière.
    Saurez-vous la trouver ?

    (non, la contrainte n'est pas "être de très mauvais goût")

    sagesse populaire


    Quand le mage montre la dune
    Le saoul regarde le foie

    2026-02-28

    Monsieur Kern (repost)

      Il me parlait chaque matin,  quelques minutes,  à la sortie du Métro Austerlitz.  Je me souviens ses vieilles paluches serrées sur le godet de café,  qu’il – je cite – allait se jeter derrière la cravate.  Je ne crois pas qu’il ait jamais porté de cravate.

      Après les politesses d’usage – Salut le p’tit étudiant,  fait meilleur aujourd’hui hein ? – son histoire commençait,  recommençait,  inlassablement.  Toujours le même début jamais la même suite : Tu vois mon père il me cognait dessus tout le temps.  Quand il picolait,  quand il picolait pas.  Alors moi un matin,  j’avais 14 ans,  j’ai mis des trucs dans un sac-à-dos et je suis parti sur la route. Et j’y suis encore !

      C’était ça son début,  invariable.  La suite se créait chaque jour en fonction de son humeur,  de ceux qu’il – soi-disant – rencontrait sur sa route,  de ce qu’il avait lu dans les journaux de la veille… Il n’y avait jamais de fin,  il se perdait complètement dans les détails et moi je devais y aller parce que bon,  c’est pas tout hein,  mais faut y aller quand même…

      Je ne l’interrompais pas souvent,  je ne lui faisais jamais remarquer les contradictions,  les anachronismes manifestes. Je l’écoutais.  Parfois il revenait au présent : Eh le p’tit étudiant,  garde tes thunes et va plutôt me chercher un café aux quais,  que je me le jette derrière la cravate.  Pas chez machin-truc c’est des cons.  Tu vas chez l’arabe et tu dis que c’est pour Monsieur Kern.  Quand c’est Mohamed il me fait pas payer.

      Une fois Monsieur Kern m’a montré une souris qu’il avait assommée là où il vivait,  une espèce d’hôtel chelou que son assistante sociale avait fini par lui dégotter.  J’l’ai bien choppée cette salope ! La souris hein,  pas l'assistante.

      Puis il revenait à son histoire : J’ai 59 ans et je suis toujours sur la route,  j’ai changé mon sac à dos des dizaines de fois,  mais moi j’ai jamais changé.  Regarde,  ce sac-là il est bien,  je l’ai chouré au vieux campeur.  C’est des cons là-bas tu sortirais un semi-remorque sans payer qu’ils le verraient même pas.  Moi je crois qu’ils avaient très bien vu mais qu’ils avaient laissé faire.  Personne n’avait le cœur d’emmerder monsieur Kern.

      Et puis un matin,  pas d’histoire,  pas de café.  Il disait qu’il était allé aux toilettes,  qu’il avait – je cite – poussé trop fort et qu’il avait senti quelque chose craquer « par-là » en montrant son abdomen.  On allait lui faire des examens.  Pendant plusieurs jours comme ça : on va me faire des examens.

      Et un matin,  pas de Monsieur Kern.  Mohamed m’a dit qu’il était mort cette nuit.  Et il m’a griffonné le numéro de son assistante sociale sur une serviette en papier.  Vague tristesse dans son regard et un geste du genre c’est comme ça.  Il me tend un café et refuse ma monnaie : le café c’est pour moi aujourd’hui.  Je le regarde avec un sourire : Ben je vais me le jeter derrière la cravate alors.  Je me souviens qu’on a ri.

      À la crémation de Monsieur Kern nous étions deux : l’assistante sociale et moi.  Mohamed travaillait.  L’assistante a dit que d’habitude elle était toute seule.  Pendant tout le temps qu’il crémationnait je me demandais ce qu’était devenu son sac-à-dos et tout le fatras qu’il trimbalait là-dedans.  Une vie de route.  L’assistante n’en avait pas la moindre idée : vous savez,  monsieur Kern il racontait quand même beaucoup d’histoires.

      Oui,  je savais.


    -- Metallurgeek

    2026-02-05

    Le Vigile Numérisera (repost)

    Un texte oulipien consacré à mon dégoût des CAPTCHA.

    Les CAPTCHA vous voyez ? Ces épreuves humiliantes que les machines nous infligent pour vérifier que nous sommes bien des humains. Littéralement les CAPTCHA sont des vigiles numériques : textes tout tordus à déchiffrer, morceaux de vélo en puzzle, images de ponts à reconnaître, silhouettes à orienter, sons bruités à reconnaître, etc.

    Épistémologiquement ça me troue le huq ! Bientôt les machines nous demanderont de faire la danse de la pluie. Il faudra s'exécuter ou être exécutés.


    Le vigile numérisera

    Dire la similitude ridicule
    la caricature des inutiles.

    Imaginer un examen unanime
    paradoxal oxymore figuratif.

    Ériger en idoles à faciliter
    et un apax isole l'usager.


    Et bien sûr ceux qui me connaissent (ouais, toi) se doutent que le texte précédent respecte une contrainte. Je vous laisse la chercher tranquillement si ça vous amuse. Je glisse la soluce en commentaire.



    Original ici : https://www.metallurgeek.fr/2023/09/le-vigile-numerisera.html

    2026-01-24

    Pistaches et Boulette (repost)

     https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pile_of_pistachios.jpg

    (Un texte ultra-romancé mais véridique).

    À 16 ans, une activité importante c’est de me faire contrôler par les keufs. Il faut dire que j’ai un look, euh... un look, comment dire… Bon, j’ai un look, OK ?

    Je ne comprends pas bien pourquoi les flics cherchent tout le temps à savoir qui je suis. Mais ça ne me dérange pas. Après tout j'ai 16 ans, moi aussi je cherche qui je suis. Je me trimbale avec un immense parka mi-kaki mi-Javel avec de grandes poches. Parfois ils veulent aussi savoir ce qu’il y a dans mes poches.


    Des pistaches.

    Dans mes poches il y a des pistaches. En tout cas ce jour-là à la gare Saint-Lazare, lors du contrôle d'identité. Des pistaches j'en ai des tas. Parce que mon grand-père fait la nuit à Rungis et m'en ramène par paquets kraft d'un kilo. Ou parfois des amandes, des cacahuètes.

    Dans ma poche gauche il y a le paquet entamé. Dans la droite je mets les coquilles. Je ne jette pas par terre. Je grignote à longueur de journée. Il est midi, et donc les deux poches ont sensiblement le même volume.

    Me contrôler mobilise trois flics. Un gosse de 16 ans pensez donc. Mais bon, j’ai un look, OK ? Ils souhaitent savoir qui je suis ; facile, je le leur dis. Ils souhaitent vérifier ; facile, je produis ma carte d’étudiant. Ils souhaitent savoir ce que j’ai dans mes poches.

    - Des pistaches.

    - C’est ça, prends-nous pour des cons.

    - Et dans l’autre poche, t’as des pistaches aussi ?

    - Non. Si. Enfin que les coquilles.

    - Tu gardes les coquilles des pistaches ?

    - Je ne jette pas par terre.

    - Oh les gars, on est tombé sur un malin.

    - Allez, le comique, tu nous vides tes poches direct !

    Je sors le paquet de ma poche gauche. Je ne sais pas d’où viennent les pistaches de Pépé. Mais sur le kraft c’est inscrit dans un alphabet exotique. Le genre d’exotisme qui ne fait pas rêver la police.

    Et là, je n’en reviens pas : un flic plonge la main dans le paquet et goûte une de mes pistaches. Direct ! Mes parents le payent avec leurs impôts et lui il me taxe une pistache. Et quand bien même ! C’est un inconscient ou quoi ? Et si c’était du Plutonium ? De la came ? De la mort aux vaches ?

    Au point où j’en suis je demande s’ils veulent vérifier les coquilles. Je joins le geste à la parole et sors une pleine poignée de ma poche droite.

    - Laisse tomber le comique on t’a assez vu.

    - Et fais-toi faire une carte d’identité.

    - Ouais, parce qu’une carte d’étudiant ça suffit pas.

    - (dans ma tête) Ben là ça a suffi non ?

    Mais je n’ai pas envie de discuter.


    Une boulette

    Le soir tombe. Toutes mes pistaches sont boulottées. Dont une par un flic. Ma poche de droite est au max de son volume. Avant de rentrer à la maison j’avise une poubelle. J’enlève mon parkanarchiste et je secoue. Toutes les coquilles coulent dans la poubelle. Suivie d’une petite sphère en papier aluminium.

    Oh putain la boulette !!!

    La boulette de shit que ce mec sympa m’avait donné, fontaine Saint-Michel, il y a bien un mois :

    - Essaye mon pote c’est super cool.

    - Mais j’ai pas d’argent là. Tu veux des amandes ?

    - Nan, prends cette boulette c’est cadeau, j’en ai autant que je veux.

    Je n’avais pas essayé. À 16 ans, je travaillais à une tout autre addiction (les filles).

    Et cette boulette, dont j’avais oublié jusqu'à l’existence, vivait depuis tout ce temps dans le fond de ma poche droite. En fait il avait raison le flic : une carte d’étudiant n’aurait pas suffi.

    Un instant j’envisage une belle carrière de mule de gare. 500 g de shit dans chaque poche. Sous une fine couche de pistaches. Le plan parfait, que je ne trouverai jamais le temps de réaliser (les filles je vous dis).


    Epilogue

    Des décennies après, avec mon expérience de la vie, avec tout mon pouvoir de mémoire photographique, sémantique, sonore, émotionnelle, il me manque un détail clé de cette scène. Ce détail me taraude, me hante, me réveille transi dans l’effroi.

    Sa coquille de pistache, le flic, il en a fait quoi ?

     

    -- Metallurgeek

    2026-01-22

    Chaussettes et Batraciens

    Imaginez la situation suivante : vous disposez d'une liste de mots dans un fichier LIST. Vous disposez également d'un dictionnaire dans un fichier DICT. Et vous voulez savoir si tous les mots de LIST apparaissent bien dans DICT.

    C'est un problème fréquent en informatique. LIST contient par exemple tous les batraciens et DICT contient tous les animaux. Demander si LIST est incluse dans DICT revient à demander si tous les batraciens sont des animaux.

    Dans ce billet je montre deux méthodes en ligne de commande. La première méthode n'est pas efficace mais elle est compacte et facile à mémoriser. La seconde méthode est beaucoup plus efficace.


    Méthode 1: grep me, grep me my friend


    La première méthode utilise grep(*) dans sa variante fgrep qui cherche les termes littéraux plutôt que les regex. Voici la ligne de commande :

    fgrep -vxf DICT LIST

    Il faut un peu de temps - et sans doute quelques essais - pour se convaincre que ça réalise bien un test d'inclusion. Cette commande prend tous les mots de DICT et les retranche de LIST. Si au moins un mot est affiché c'est qu'il n'a pas été retranché. Donc il n'était pas dans DICT. Donc LIST n'est pas incluse dans DICT.

    Cette solution est très compacte : une seule commande. En revanche la complexité est multiplicative. Je vous passe les détails de calcul, mais c'est mauvais.


    Méthode 2: tri et décompte


    L'idée est d'amalgamer DICT + DICT + LIST et de conserver seulement les termes uniques. Trois cas sont possibles. Cas 1 : un terme est dans DICT et dans LIST alors il se retrouve trois fois dans l'amalgame et on ne le conserve pas. Cas 2 : un terme est dans DICT mais pas dans LIST alors il se retrouve deux fois dans l'amalgame et on ne le conserve pas. Cas 3 : un terme est dans LIST mais pas dans DICT alors il se retrouve une fois dans l'amalgame et on le conserve. Voici la ligne de commande :

    sort <(sed p DICT) <(sort -u LIST) | uniq -u

    Il y a des petites astuces. Le sed p DICT c'est pour dupliquer chaque ligne de DICT. Le sort -u LIST c'est pour éliminer d'éventuels doublons dans LIST (qui sinon fausseraient le cas 3). Le uniq -u à la fin c'est pour conserver seulement les termes uniques.

    Concernant la complexité : dupliquer les lignes de DICT c'est linéaire, amalgamer c'est linéaire, compter et garder seulement les termes uniques à la fin c'est linéaire. La seule partie non-linéaire c'est le tri de l'amalgame. Cette partie est quasi-linéaire c'est-à-dire en (2m+n).log(2m+n). En pratique c'est bien, même s'il existe encore mieux avec des tables de hachage.


    Exemple : un dictionnaire d'animaux, une liste de batraciens et une chaussette

    $ cat DICT | column
    girafe          singe           serpent
    crapaud         panthère        kangourou
    éléphant        crocodile       anaconda
    zèbre           triton          gnou
    grenouille      autruche        mangouste
    lion            hippopotame     ornithorynque
    tigre           salamandre      gazelle
    $ cat LIST 
    triton
    crapaud
    chaussette 
    salamandre
    grenouille
    $ fgrep -vxf DICT LIST
    chaussette
    $ sort <(sed p DICT) <(sort -u LIST) | uniq -u
    chaussette

    Les deux commandes ont correctement détecté l'intrus. Un seul intrus suffit à déduire que LIST n'est pas incluse dans DICT. Si maintenant on enlève la chaussette de la liste, les deux commandes ne détectent plus rien, leur sortie est vide, et on en déduit que LIST est incluse dans DICT :

    $ fgrep -vxf DICT LIST
    $ sort <(sed p DICT) <(sort -u LIST) | uniq -u 


    Test booléen


    Pour transformer la première commande en un pur test booléen, j'utilise l'option quiet de fgrep et des portes logiques && et ||. C'est une façon de faire parmi d'autres mais j'aime le côté one-liner(**) :

        fgrep -vxqf DICT LIST && echo KO || echo OK

    Pour la seconde commande, uniq n'offre pas d'option quiet, alors j'utilise une vieille ruse indienne :

        sort <(sed p DICT) <(sort -u LIST) | uniq -u |
        read _ && echo KO || echo OK


    Epilogue

    J'espère que ce billet vous aura intéressé. Parce que sinon vous venez de perdre un temps précieux à le lire jusqu'ici. Moche. Nan, vraiment. Moche.

    Au fait, si on n'est pas joueur/bricoleur on peut aussi utiliser la merveilleuse commande "comm" qui est typiquement faite pour les comparaisons de liste.

    comm -13 <(sort -u DICT) <(sort -u LIST) | read _ && echo KO || echo OK

    La complexité est meilleure m.log(m) + n.log(n) quoique toujours quasi-linéaire, et c'est assez compact.


    (*) Les personnes qui me connaissent savent que je suis obsessionnel de grep et plus généralement des regex. Je me lève grep, me mange des grep au sarrasin, je me couche grep et je recommence le lendemain. Quant aux personnes qui ne me connaissent pas, elles ignorent la chance qu'elles ont.

    (**) Quel est le terme français correct pour one-liner ? "Un-lignard" ? Ou "Solicode" "Solocode" "Monocode" ? Un "codounet" une "Codette" ? Pfffff....

    2026-01-08

    ALCEST - Améthyste

    Je retombe sur cette vidéo d'Alcest. Le morceau Améthyste mis en avant sur leur dernière tournée. 

    D'habitude je n'apprécie pas trop les vidéos concert/live. Mais là je retrouve *précisément* l'ambiance du concert, ce moment précieux que j'ai pu vivre sur place.

    Tout y est : salle à taille humaine, proximité, public inspiré, décor émouvant, et Alcest au sommet de son art.




    2026-01-01

    Alohomora Sésame Mellon

      

    Aux fins-fonds du cyberespace
    Les mots-clé font, ça m'agace
    De fort mauvais mots de passe


    2025-12-25

    Aqua penses-tu ?

    L'eau c'est bien H2O ? Pas du tout, c'est E.A.U.

    Bon, j'en suis à 15 mois sans rien boire. Enfin, rien de plus fort que de la Brooklyn sans alcool à 0,4°. Et 0,4° j'aime mieux vous dire que ça prend un temps dingue pour être torché !

    Côté thunes c'est difficile à calculer précisément, mais j'estime environ 300 balles d'économies sur l'ensemble de la période. Somme que j'ai intégralement reversé à une petite association d'utilité publique dans mon quartier : trois quatres mecs cagoulés avec des pitbulls dans le hall de l'immeuble. Enfin je n'ai pas vraiment reversé l'argent, c'est plutôt eux qui m'ont tout pris direct. C'est bizarre l'associatif ces temps-ci.

    Bref, je suis super heureux de ne pas picoler (sauf au HellFest évidemment).

    2025-12-11

    Étain la lumière


    "L'étain passe,
    les soudures"


    Le premier job de mon père c'était soudeur à l'étain. Il soudait des boîtiers électroniques étanches. Parfois il ramenait du travail à la maison, il me montrait. Je me souviens : la magie du métal qui fond, le grésillement, l'odeur toxique du fil d'étain.

    2025-11-10

    Choc de terminaison

    Nous avons eu
    Le Black Friday,
    La Black Friday Week,
    Maintenant le Black November.

    Et demain, quoi ?
    Black Year
    Black Decade
    Ou Blackout ?

    2025-11-02

    Right through the cracks

    Hangar désaffecté à Redon.

    "What if you could look right through the cracks?

    Would you find yourself, find yourself afraid to see?"

    -- Nine Inch Nails, Right Where It Belongs.


     

    2025-10-14

    TOP 10 sur Regex Crossword

    À tous les coups il n'y a que moi que ça intéresse (*) mais ça y est : je suis dans le TOP 10 sur Regex Crossword.

    Plus précisément c'est 10e sur 92600. Pas certain que je puisse un jour améliorer ce score... ou alors il faudrait que je me mette à réfléchir, mais flemme.

    En tout cas n'hésitez pas à essayer, c'est vraiment *LE* moyen sympa et ludeek d'apprendre les RegEx pour de bon.


    (*) Et encore...

    2025-09-10

    www.metallurgeek.fr

    Cher lectorat (de bibliothèque), vous savez à quel point je vous aime, en gros comme au détail. Alors pour vous faciliter l'accès massif à mon ineffable et néanmoins désopilant blog, je me suis carrément acheté le domaine metallurgeek.fr.

    Bon en fait c’est surtout qu’il y avait une promo chez OVH alors j’en ai profité. Ça me coute juste quatre fois ce que le blog m’a rapporté en pub. J’y suis de ma poche donc, bâtard d’économie digitale de ses morts ! Après ça reste des petites sommes quand même, j'te parle pas non plus de faire tomber de la grosse caillasse là.

    Prochaine étape : publier quelque chose d'intéressant. Chaud...

    https://i.makeagif.com/media/6-05-2016/MGWt44.gif
    Faire tomber de la grosse caillasse

    2025-09-07

    Metal Zentangling 12

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.




    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-31

    Metal Zentangling 11

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.






    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-28

    Metal Zentangling 10

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.





    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-27

    Metal Zentangling 9

     À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.




    (OK ce morceau là c'est pas du métal, mais ça m'inspire quand même)



    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-24

    Metal Zentangling 8

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.






    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-23

    Metal Zentangling 7

     À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.





    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-22

    Metal Zentangling 6

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.




    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-21

    Metal Zentangling 5

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.



    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-20

    Metal Zentangling 4

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.





    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-18

    Metal Zentangling 3

     À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.


    Zentangling 3 - Metallurgeek


    Kaneda - Smash Hit Combo


     

    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-17

    Metal Zentangling 2

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.


    Zentangling 2 - Metallurgeek

    Crushed - Parkway Drive
     

    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-08-16

    Metal Zentangling

    À la faveur des vacances, je me suis mis vite fait au zentangling.

    En gros ça consiste à scribouiller des gribouillis tout en écoutant du métal à donf(*).  Exactement comme quand on s'ennuyait en cours.  C'est censé déstresser et sur moi ça marche plutôt pas mal.  Je vous mets une de mes œuvres, ainsi que le morceau de musique qui m'a inspiré.


    Zentangling 1 - Metallurgeek


    Worms - Punish Yourself


    (*) Euh, le métal ça a l'air facultatif en fait, mais moi j'en mets. À donf. Comme pour la méditation.

    2025-07-24

    Deux fois triste

    Aujourd'hui mon coeur de métalleux saigne pour Ozzy Osbourne. Aujourd'hui mon coeur de geek saigne pour Gilles Dowek.

    L'un des deux fut mon professeur en logique et théorie des langages. L'autre fut mon professeur en défonce et surdité. Je vous laisse deviner lequel est lequel.

    2025-06-03

    La petite dernière de Parkway Drive

    Ah ben on peut dire que tu tombes bien toi. Puisque t'es là, écoute donc ça une dizaine de fois de suite (et quand t'as fini tu recommences, OK?).



    2025-03-20

    La mauvaise heure

    La mauvaise heure
    De quatre à cinq
    Qui vous réveille

    La mauvaise herbe
    Qui vous enfume
    Qui vous consume

    Le mauvais temps
    L'autre maintenant
    Au creux des veilles


    (Écriture automatique à 4 heures du mat)

    2025-02-20

    La fenêtre de Platon

    Photo "La fenêtre de Platon" par Metallurgeek
    Photo "La fenêtre de Platon" par Metallurgeek

    La fenêtre de Platon

    Jeune homme je me souviens, on m'a enseigné la caverne de Platon. C'était en cours de philo. Et à l'époque j'avais très mal compris.

    À ma décharge, ma voisine de classe m'avait demandé de bien vouloir déposer un peu de vernis à ongles sur le haut de son bas, lequel venait malencontreusement de filer…

    Hormones 1 – Platon 0.

    Et donc j'en garde un souvenir assez vague. De la caverne de Platon hein. Parce que de ma voisine de classe je garde un souvenir plutôt précis.

    J'ai compris qu'en gros le soleil symbolise la faculté de révéler les vérités essentielles. Il éclaire toutes les choses véritables au dehors. Mieux que ça, il éclaire les modèles idéaux des choses. Nous, pauvres humains, ne sommes pas dehors. Nous sommes à l'intérieur de la caverne. Là, nous observons au mieux les ombres portées. Des instances d'objets plutôt que les classes.

    Ma voisine pendant le cours de philo s'appelait Jenny. Elle avait un large sourire, un menton franc avec une fossette, beaucoup de joie et de vie dans toute sa personne. Elle portait du vernis à ongles et un bas filé.

    J'ai conservé le vague souvenir qu'un feu brûlait dans la caverne. Feu qui lui-même projetait des ombres. Ça m'a suffi pour en concevoir une récursion infinie, une caverne dans une caverne dans une caverne. Je ne sais pas si c'était dans l'idée initiale de Platon, je lui demanderai à l'occasion.

    Jenny avait une maturité sensuelle et amoureuse infiniment supérieure à la mienne. À l'âge où tout en moi était panique, improvisation et vantardises fantasmées, Jenny était calme, certaine de sa séduction et honnête en sentiment.

    De la caverne de Platon j'ai gardé l'idée que le raisonnement juste du philosophe permettait de s'en extraire. Sortir pour voir au-delà des apparences et des phénomènes. Comme on sort de la bouteille à mouches de Wittgenstein.

    Ce matin de 2025, le soleil d'hiver traverse ma fenêtre. Les rayons roses de l'Est traversent la pièce et tracent un jeu d'ombres sur le mur intérieur. De cette lumière du dehors naît une autre fenêtre, projetée, ombrée, filigranée. Et pourtant idéale. Des images qui se répondent, en somme, des ombres où le vrai est partout pour peu qu'on l'observe avec intensité.

    Je me souviens de la phalange de mon index effleurant le plus légèrement possible le haut de la cuisse de Jenny. Son sourire. Le hurlement du sang dans mes tempes. La gueulante du prof qui réclamait l'attention de la classe. « Bon sang, la caverne de Platon c'est essentiel ! Et je vous signale que ça tombe régulièrement au bac ! »

    Je pense à tout ceci en regardant ma fenêtre d'ombre et de lumière. Et je sursaute quand, levée sans un bruit, tu viens m'enlacer les épaules.

    -- Metallurgeek

    2025-01-23

    Les IAs écrivent mieux que moi (et de loin)

    Voici ce que l'IA Grok écrit à propos de Metallurgeek (voir le prompt précis en fin d'article). Franchement je n'ai pas une lettre à changer, c'est parfait. Dorénavant je vais laisser les IAs rédiger, lire, commenter mon blog. Ou pas.

    Metallurgeek : Chroniques d’un métal-geek assumé 
    Plongez dans l’univers déjanté d’un esprit aussi aiguisé qu’une lame de guitare électrique, où le métal résonne aussi fort que les lignes de code. Entre humour grinçant, réflexions geek et poésie improbable, Metallurgeek vous entraîne dans une odyssée aussi brute que raffinée. Des chamallows triés avec une précision diabolique aux énigmes tordues dignes d’un Oulipo sous stéroïdes, en passant par des apartés sur Marilyn Manson et des rêveries en ROT13, ce recueil est un cocktail explosif.
    Pour les amateurs de riffs assassins, de logique tordue et de vérités asymétriques : un voyage sans filet au cœur d’un monde où le métal rencontre le rire, et où l’absurde devient art. Attention, risque élevé de headbanging intellectuel !


    Le prompt était : "Lisez le blog https://metallurgeek.blogspot.com et rédigez un texte de quatrième de couverture (en français)."

    2025-01-09

    Le Pain Contrefait

     


    La vente à l'enfer

    Le Pain Contrefait

    La crosse qui goutte

    Ils dissimulaient les parfums dans leurs pions

    Une petite flûte de piquette

    La fine était dans le pion

    Une grosse défense pour des petits pions

    Les pions étaient bien effilés

    Mettons Sybille en terre

    Sifflée à mort par un badaud-maso

    Il défonce la porte à coup de mine

    mettre un coup de batte dans l'hirondelle

    La batte s'est coincée dans la glissière

    La rouille fait caler

    Marine provoque le pire

    sa rage habite et galope

    les grandeurs font les glaives

    lésés du job

    Marine colle au pognon

    l'engeance nous accule

    Elle fignole les pétards

    Son flanc est grippé

    Ajouter un peu de feu dans les braises

    Elle ne nuit qu'à Joël

    S'immoler sous une mule

    Laisse entrer la flique

    2024-12-19

    Smash Hit Combo - Mes chouchous ceux-là !!!


    Tu trouves que j'me répète, que j'utilise trop de "comme"
    Tu sais qu'le fait d'répéter ça, ça nous fait trop de comm'


    La classe.
    Pas donné à tout le monde d'écrire un truc aussi sonore.
    À écouter en boucle encore et encore.
    Et par pitié venez nous mettre la guerre à Rennes !

    2024-11-14

    Une heure d'insomnie en plus

    Je republie ici ce texte écrit en une heure, précisément l'heure supplémentaire entre 2h et 3h du matin à la faveur du passage en heure d'hiver.


    L'instant d'une collision

    Ce dont l’humanité se souviendra c’est que ça a commencé à dix heures cinquante et une minute dix-huit secondes précises. Ou alors très exactement à cinq heures quarante cinq et sept secondes. À moins que ce ne soit pile à dix-sept heures deux minutes et cinquante secondes.

    En tout cas ça a commencé partout en même temps.

    Jérémy déboule tout essoufflé dans le grand café face au Jardin du Luxembourg. S’il y a bien une chose qu’il déteste c’est arriver en retard. Surtout qu’il croyait avoir tout fait pour être en avance. Du regard il balaye les personnes attablées. Grâce à la photo sur son portable il reconnaît Aïcha. Wahou encore plus belle en vrai ! Un instant Jérémy reprend son souffle et se refait une contenance. Enfin il affiche son plus beau sourire et avance vers Aïcha.

    Au L.H.C. de Genève rien ne va plus. La direction a rappelé tout le personnel disponible. Mais aucune expérience en vrai grandeur n’est autorisée. Trop dangereux pour l’instant. Si tant est que « pour l’instant » ait encore le moindre sens. Alors on cherche, on s’affaire, on émet des hypothèses. On gratte à la craie sur du tableau noir, au feutre à alcool sur du tableau blanc, on efface des équations d’un coup de chiffon rageur.

    À l’école Chloé a tout juste le temps de se rasseoir que retentit, une fois de plus, la sonnerie de la récréation. La maîtresse en reste bouche bée. Les enfants se regardent incrédules. Un silence reste suspendu dans l’air. Et l’instant d’après ce ne sont que cris de joie et papiers qui volent : « Encore la récré, encore la récré ! » La maîtresse hésite entre contrariété et résignation… de toute manière les CM1 il n’y a pas moyen de les tenir.

    Aïcha a reconnu Jérémy dès son entrée fracassante. Elle regarde l’heure sur son portable. Quoi, une demi-heure d’avance ? Mais qui donc arrive avec une demi-heure d’avance pour un date ? Elle sursaute. Comment est-ce possible, elle vient à peine d’arriver et elle était pile à l’heure. Ah, Jérémy l’a vue et s’approche en souriant. Joli sourire d’ailleurs.

    À l’hippodrome c’est n’importe quoi. Première fois que ça arrive ! Une partie des chevaux a démarré la course alors que l’autre n’était même pas sorti des boxes. Il a fallu annuler, recommencer, une fois deux fois. Pas moyen de les faire partir ensemble. De toute façon la moitié des spectateurs seulement était arrivée. D’autres étaient à la buvette attendant que ça commence dans dix minutes. Euh, non, dans trois minutes. Mais pas du tout madame, dans un quart d’heure voyons, on a bien le temps.

    Au LHC on re-autorise finalement les expérimentations. Parce qu’il s’agirait de comprendre quand même ! Des particules accélèrent, tournent, tournent, tournent… et se ratent complètement. Les techniciens, les ingénieurs, les chercheurs, tout le monde s’énerve. Ça enclenche, ça reboote, ça pianote, ça griffonne, mais rien n’y fait. Plus moyen de déterminer ne serait-ce que l’instant d’une collision.

    Chloé a suffisamment joué. Dos à un platane elle observe maintenant l’étrange ballet de la directrice. Perchée au sommet d’une haute échelle elle bidouille la sonnerie. Sûrement pour la débrancher pense Chloé, parce qu’elle sonnait vraiment à tout instant. Dehors des parents attendent. « Vous allez voir qu’ils vont encore nous les lâcher en retard ! » « Oh ben là ça va, c’est pas avant dix bonnes minutes, on a bien le temps de papoter. Et comment va-t-elle votre petite Chloé ? »

    Partout dans le monde des gens vont rater leur rendez-vous, des réveils vont sonner trop tôt. Ou pas du tout. Des poulets cuiront trop longtemps, des trains partiront en avance, des lampadaires s’allumeront en plein jour… Plus tard on saura qu’il est arrivé des choses terribles, des accidents, des avions en perdition. Les gouvernements feront des déclarations sérieuses à la télé au journal de 20h17. Euh… 20h41 vous voulez-dire ? Non, non, plutôt 17h53.

    Les militaires seront sur la brèche pendant des semaines jusqu’à constater qu’il n’y a plus moyen de synchroniser la moindre opération. Les mois qui suivront, et c’est bien triste, quelques physiciens se pendront de désespoir sans que quiconque – samu, médecin, famille – ne sache s’accorder sur l’heure du décès.

    Mais pour l’instant, Chloé saute dans les bras de papa à la sortie de l'école. Pour l'instant Aïcha et Jérémy se demandent s’ils commandent deux autres cafés ou s’ils ne vont pas plutôt déambuler un peu sur les allées du Jardin du Luxembourg.

    2024-11-11

    L'élégante simplicité des RegEx

    Allez, petite publicité pour le jeu en ligne RegEx Crossword. Ça permet de bien comprendre les Expressions Régulières tout en s'amusant comme un fou. Un fou furieux, ça va sans dire.

    À tout hasard, je rappelle que les Expressions Régulières c'est absolument trivial. Mais bon quand même, j'ai dû taffer un peu pour me tailler ma place dans le top 20. 


    À propos de trivial, une petite histoire me revient en tête.

    Un professeur de mathémateek écrit un théorème au tableau et précise que la preuve est triviale. Un élève curieux, il y en a, demande quand même à voir la preuve. Le professeur s'énerve en martelant que c'est absolument trivial. Mais l'élève insiste. Alors le professeur regarde le tableau, se gratte la tête, et quitte l'amphi précipitamment. Il revient une heure plus tard en hurlant : "c'est bien ce que je disais, c'est trivial !"

    Bon, ça reste une histoire hein, quels élèves restent une heure en amphi après le départ du prof...

    2024-10-20

    Harakiri For The Sky - With Autumn I'll Surrender

    Harakiri For the Sky ce sont mes chouchous du moment. Depuis un bon moment même. Enfin depuis leurs débuts quoi. Et aujourd'hui nouveau morceau, nouvelle vidéo : With Autumn I'll Surrender. Un pur régal.


    2024-10-17

    Dissipation d'énergie

    Dis Metallurgeek,
    comment faisaient-ils les gens
    pour se chauffer à l'époque du Basic ?



    2024-09-12

    Jolie astuce en RegEx (merci ChatGPT)

    J'utilise régulièrement des IA, avec plus ou moins de bonheur. Et, de temps en temps, ça m'enseigne une astuce que j'aurais eu du mal à trouver autrement. Par exemple si j'avais utilisé un moteur de recherche. Ou pire, mon cerveau(*).


    Dernièrement, je cherchais un moyen simple de mettre en valeur un motif dans un texte. Classiquement, si je cherche le mot "Metal" dans mes fichiers "*.txt", j'utilise

        grep --color "Metal" *.txt

    Mais là je voulais en plus afficher les lignes qui ne contiennent pas le motif. Je ne savais pas comment faire ça de manière simple. Et ChatGPT m'a proposé cette astuce (après simplification), que je trouve super élégante

        grep --color "^|Metal" *.txt

    Toute l'astuce réside dans l'utilisation du '^' (pour début de ligne) combiné avec un ou (|). Le '^' match tout mais sans rien mettre en couleur.


    Comme toujours, une fois qu'on a la réponse il est facile de voir que :
    1. C'était évident.
    2. Ça n'était pas si difficile à trouver.
    3. Heu... nan... mais en fait j'le savais déjà...
    Ouaip. Mais ça c'est quand on a la réponse. Sans ChatGPT je pense qu'il m'aurait fallu 3 à 4 itérations sur un moteur de recherche. Là, en une question c'était plié, je vous mets l'image.





    Étrangement, Google Gemini répond un peu à côté de la plaque sur la même question. La réponse fausse de Gémini est celle-ci (après simplification)

        grep --color -e 'Metal' *.txt

    Une réponse correcte dans le même esprit serait (toujours après simplification)

        grep --color -e 'Metal' -e '^' *.txt

    Cette construction est quasi-équivalente à celle de ChatGPT. Et peut être même plus jolie car elle évite l'usage explicite du ou (|). 


    Là aussi, une fois la réponse sous les yeux on s'aperçoit que c'était parfaitement évident. Bien entendu.



    (*) Ce foutoir là-dedans, on dirait mon garage !

    Attaquer la falaise

    Récemment je vous parlais des mots-croisés RegEx.

    Je m'étais mis en tête de grimper jusqu'au Top 50 et puis de passer à autre chose. Ouaip. C'était compter sans l'empire d'addiction que ce jeu exerce sur moi.

    Dans mon billet précédent je vous conseillais d'y jouer. N'EN FAITES RIEN ! C'est de la demer! Pire qu'une drogue. Pire que le combo fentanyl / crack / viagra / vitamine C / gelée de framboise(*).

    La difficulté devient exponentielle, chaque niveau nécessitant de résoudre des puzzles de plus en plus difficiles (et intéressants !). Pire, là où j'en suis maintenant il y a une véritable falaise à gravir.

    Je vous ai fait un graphique basé sur le classement du jour. En abscisse vous avez le rang. En ordonnée le nombre de puzzles à résoudre. La ligne pointillée c'est moi. Et la falaise ce sont les 50 p*t'1n de puzzles à résoudre pour passer de 29e à 28e.

    Jusqu'à maintenant j'arrivais à progresser sans trop trop de douleur... Mais là je deviens dingue avec ce truc... J'ai bien peur qu'il faille mettre le cerveau en route... Je vais tenter le coup vite vite... avant que les mecs en blanc ne reviennent m'attacher les mains dans le dos... et me refaire des piqûres qui rendent nigaud.... vite... vite...


    Classement sur RegEx crosswords et falaise à gravir pour passer de 29 à 28.


    (*) Pour le goût.

    2024-09-05

    2024-08-26

    Mots-Croisés RegEx


    Si vous aimez vous gratter la tête pendant les vacances, visitez d'urgence le site https://regexcrossword.com.

    Il s'agit de résoudre des mots-croisés dont les définitions sont des expressions régulières (des RegEx pour les intimes). Les mots-croisés proposés sont progressifs, ludeeks et crowdsourcés(*). Pour moi c'est juste hyper-addictif. En bonus ça permet d'apprendre les RegEx et de progresser par la prateek.


    Ces derniers temps je m'y suis mis un peu sérieusement. Avec la ferme intention de me classer dans le top 50 parmi les 89889 joueurs. Dont deux ou trois qui semblent franchement connaître leur affaire. Alors, pour le Top 50 l'objectif est atteint. Aujourd’hui je suis n° 42. Un nombre qui vous parle, hein, mes petites retro-geeks.


    Par contre pour aller plus loin, mettons dans le Top 20, ça risque de se compliquer un peu. La difficulté croit genre exponentiellement. À un moment, je crains même d'être contraint de réfléchir... Ou de tricher ;)



    (*) Qui saurait me traduire "crowdsourcé" en bon français ?